Alternative à la résistance aux pyréthrinoïdes au Burkina Faso : Évaluation des activités insecticides et répulsives-irritantes d’huiles essentielles de plantes locales seules et en combinaison sur les populations de Anopheles gambiae et de Aedes aegypti (Diptera: Culicidae).
Résumé
Le paludisme et la dengue sont les deux principales maladies vectorielles transmises respectivement par les genres Anopheles et Aedes. La lutte antivectorielle (LAV) est basée essentiellement sur l'utilisation d’insecticides de synthèse à partir de produits chimiques. La prolifération des molécules insecticides et le développement de la résistance de ces vecteurs aux insecticides de synthèse suscitent un intérêt de rechercher des outils innovants comme ceux basés sur les produits naturels extraits de plantes à propriété insecticide, comme les huiles essentielles (HE) qui peuvent constituer une alternative aux insecticides chimiques. L’objectif de cette thèse est d’étudier les activités larvicides, adulticides et répulsives-irritantes des HE de Cymbopogon citratus, Cymbopogon nardus, Eucalyptus camaldulensis, Lippia multiflora et Ocimum americanum seules et en combinaison sur les populations de Ae. aegypti de Bobo-Dioulasso et An. gambiae de la Vallée du Kou (VK) dans l’Ouest du Burkina Faso selon les protocoles de l’OMS (2017). Les composés chimiques des HE extraites de ces 5 plantes ont été identifiés par GC-MS. L’HE de L. multiflora dont les composés majeurs sont le ß-caryophyllène, le p-cymène, l'acétate de thymol et le 1,8 cinéol est la plus toxique sur les larves de Ae. aegypti et de An. gambiae avec une activité proche du pyriproxyfène, contrôle positif sur les larves. La population de An. gambiae a été plus sensible aux HE testées que celle de Ae. aegypti. Concernant les tests adulticides, l’HE de L. multiflora et les combinaisons constituées de C. nardus : 80% et O. americanum : 20% (C8) et C. nardus : 90% et O. americanum : 10% (C9) sur An. gambiae et C. nardus : 20% et O. americanum : 80% (C2), C8 et C9 sur Ae. aegypti, ont été les plus toxiques. Aussi, les combinaisons C9 et C8 ont donné des effets synergiques respectivement sur An. gambiae de VK et Ae. aegypti de Bobo-Dioulasso. En plus, les combinaisons C9 et C2 ont donné des effets additionnels sur Ae. aegypti de Bobo-Dioulasso. Les HE de C. citratus, C. nardus et E. camaldulensis ont produit des effets répulsifs irritants de contact très proches de ceux du DEET sur An. gambiae et Ae. aegypti. L’HE de L. multiflora et les combinaisons C8 et C9 de C. nardus et de O. americanum pourraient être utilisées comme bio insecticides alternatifs aux insecticides chimiques dans la LAV. Les données de cette thèse sont précieuses et contribueront sans doute à l’amélioration du dispositif de lutte antivectorielle contre ces espèces de moustiques au Burkina Faso.
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