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PLANIFICATION URBAINE ET DEVELOPPEMENT DU GRAND ABIDJAN : CAS DES VILLES D'ANYAMA, DE BINGERVILLE ET DE GRAND-BASSAM

Thèse 2019 Français

Résumé

Le progrès économique de la Côte d'Ivoire au lendemain de son indépendance en 1960 a incité les autorités à continuer à s'investir davantage dans la modernisation du pays. Pour atteindre cet objectif, l'Etat met en œuvre des politiques urbaines basées essentiellement sur l'aménagement du territoire. Le développement spatial de la ville d'Abidjan et de ses villes environnantes (Anyama, Bingerville et Grand-Bassam) a été donc guidé depuis l'origine par plusieurs schémas directeurs qui leur ont permis de bénéficier d'importants programmes de développement. Malgré cette volonté manifeste de l'Etat de faire des villes environnantes d’Abidjan des pôles de développement sous régionaux, elles restent toujours en proie à divers problèmes : pauvreté grandissante, déficit en infrastructures, précarité de l'habitat, conflits fonciers, etc. Les villes du Grand Abidjan, qui concentrent plus du cinquième de la population nationale et près de 60% du PIB, suscitent donc aussi bien des espoirs que des inquiétudes. La présente recherche vise à étudier le processus de création de ces villes, à expliquer les facteurs qui font obstacles à l’exécution des plans d’urbanisme directeurs, et à analyser le mode de gouvernance mis en place. Bien que notre méthode de recherche soit essentiellement basée sur des données qualitatives, elle fait aussi appel à des données quantitatives et à l’inventaire des investissements communaux afin d’apprécier leurs incidences sur le niveau de vie des populations. Une série d’enquêtes auprès des structures administratives et semi-privées a ainsi fourni des informations relatives à la gestion et la planification des villes. Les résultats de ces investigations révèlent que le système de planification urbaine en Côte d'Ivoire utilise des instruments classiques de l’urbanisme (le dessin des plans à grande échelle, puis le zoning et les détails avec les voiries) qui épousent l’idée d’une planification coloniale et européenne, aujourd’hui dépassée et qui éludent la vision fonctionnelle de la ville. Les gestionnaires de nos communes, en l’occurrence les autorités décentralisées qui connaissent au mieux les réalités des populations, sont très peu associées à la gestion et à la planification, domaines contrôlés par l’Etat. Aujourd’hui, le schéma directeur d’urbanisme est moins considéré comme un outil de planification urbaine qu’il l’était au début des années 1970, bien qu’il ait permis de stimuler le développement urbain de la ville d’Abidjan. Les différents acteurs de la ville le considèrent plutôt comme un instrument de coordination des actions publiques et privées, parfois en contradiction avec la vision des autorités municipales. Ainsi, pour l’amélioration de notre système de planification et de gestion des villes, il convient de développer de nouveaux outils de planification urbaine, mais également de réduire le rôle trop important des communautés villageoises dans la chaîne foncière en mettant en place des mécanismes de gestion communs entre l’Etat et les comités de gestion foncière.

Citer ce document

Jean-Pierre, K., Ferdinand, T., Aloko, N., Loba, A., Kouadio, A., Chikouna, C. (2019). PLANIFICATION URBAINE ET DEVELOPPEMENT DU GRAND ABIDJAN : CAS DES VILLES D'ANYAMA, DE BINGERVILLE ET DE GRAND-BASSAM.

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