EPISTEMOLOGIE DU DROIT ET NOUVELLE ANTHROPOLOGIE CHEZ MICHEL SERRES
Résumé
Jusqu'ici, l'accueil réservé à la pensée de Serres s'est souvent focalisé sur sa portée écoéthique, sans véritablement examiner sa tentative de déduire l'universel à partir de l'Univers. Le défi majeur consiste à établir la normativité de la cosmologie comme socle pour refonder l'anthropologie et offrir au droit une universalité élargie et plus objective. D’un côté, la cosmologie permettrait au droit de renforcer son statut de science rigoureuse ; de l'autre, elle débouche sur un droit susceptible d'englober les objets non humains érigés en sujets. L'enjeu consiste à déterminer si Michel Serres parvient, dans ce cadre, à articuler de manière cohérente une épistémologie du droit et une nouvelle anthropologie cosmologiste, sans verser dans un mélange des genres qui ferait de la cosmologie une instance normative généralisée. Grâce à une approche à la fois analytique et critique, cette recherche vise à mettre en évidence la validité d'un discours universaliste lucide, tout en soulignant que ni l'épistémologie du droit ni la nouvelle anthropologie ne peuvent ignorer la pluralité des contextes normatifs et de leurs spécificités notamment civilisationnelles. L'étude invite donc à renoncer à un paradigme de cosmologisation abusive du droit pour adopter une perspective plus transactionnelle inspirée par l'épistémologie non pas du contrat naturel, mais du quasi-contrat naturel.
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