Mesure de la performance sociale et financière des IMF : une approche multidimensionnelle par les méthodes paramétriques et non-paramétriques appliquée aux pays en développement
Résumé
La performance financière, bien que garante de la pérennité des services d’une IMF, est non suffisante à la réalisation complète de sa mission. Elle doit être complétée par la performance sociale qui justifie l’innovation de la microfinance. La conciliation de ces deux objectifs est recommandée car elle marque l’un des points de démarcation entre la microfinance et la finance classique. Dans un contexte de questionnement et de remise en cause de l’identité du secteur de la microfinance, l’évaluation de ses objectifs est vivement requise. Pour ce faire, la mesure de la performance des IMF devrait recourir à une analyse multidimensionnelle en exploitant des méthodes paramétriques et non-paramétriques. Ces méthodes permettent l’articulation de plusieurs caractères socio-économiques qui influencent non seulement l’efficacité et l’efficience comme les démontrent les travaux actuels, mais aussi la résilience des IMF. La présente analyse se base sur un échantillon de 1130 IMF répartis dans 119 pays représentant les différentes sous-régions continentales, dont l’Afrique, l’Asie du Sud, l’Europe de l’Est et l’Asie Central, l’Amérique latine et les Caraïbes et enfin le Moyen Orient et l’Afrique du Nord. Cette étude enrichit les travaux sur la performance des IMF en intégrant les effets des variables externes notamment les fluctuations macroéconomiques sur les scores de performance, en validant ces scores de performance obtenus par l’inférence statistique, en utilisant la technique de Bootstrap, et en vérifiant leur résilience par l’indice de productivité de Malmquist. L’un des fruits de cette étude est le positionnement de la résilience comme un troisième facteur déterminant la performance des IMF. La performance financière et sociale des IMF conduit le secteur de la microfinance à se situer à la croisée de chemin entre l’économie du marché et la transition économique, et permettre ainsi de rendre possible l’intégration des pauvres dans la sphère financière. Cette recherche s’efforce donc de concilier les approches Welfariste et Institutionnelle, les deux principales approches de la microfinance. Ainsi, la reconfiguration du système financier se concrétise par l’aménagement des banques commerciales en passant de la banque exclusive à la banque intégrée.
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