Logistique portuaire et accessibilité des pays enclavés de l'UEMOA au marché international : Cas du port de Cotonou
Résumé
De nos jours, plus des 2/3 des échanges intercontinentaux sont assurés par le transport maritime. Ainsi, l’accès aux marchés des échanges commerciaux internationaux n’est possible que grâce aux ports. Les ports sont de véritables pierres angulaires structurées autour des réseaux logistiques dynamiques et régionalisés qui servent d’interface dans le processus de transport des marchandises entre les « hinterlands » et les « forelands ». À cet effet, ils sont considérés comme des locomotives d’impulsion de plusieurs activités de développement. Les pays d’Afrique, conscients de la fragilité de leur économie et de leur part d’échange sur le plan international, au lendemain des indépendances des années 1960, la plupart des nations souveraines africaines ont opté pour un regroupement d’intégration économique régionale. Le port joue un rôle primordial dans la desserte des pays enclavés en général et en particulier ceux de l’espace UEMOA (Bénin, Burkina-Faso, Côte d’Ivoire, Mali, Niger, Guinée-Bissau, Sénégal et Togo). La présente recherche consiste à analyser la performance logistique du port de Cotonou et l’accessibilité des pays enclavés de l’UEMOA au marché international. Pour mener à bien cette recherche, l’approche méthodologique utilisée est basée sur la collecte des données, leur traitement et l’analyse des résultats. La recherche documentaire et les enquêtes de terrain sont les méthodes de collecte des données utilisées. Le questionnaire, les guides d’entretien, la grille d’observations, un appareil photo numérique et GPS (Global Positioning System) sont les outils et matériels utilisés pour la collecte des données. Cette démarche a été complétée par une analyse basée sur les théories de l’espace économique et de localisation, ainsi que le modèle SWOT. Les résultats obtenus ont montré que l’économie du Bénin est tributaire des échanges extérieurs (90 %) qui se font par les activités portuaires et maritimes, soit 80 à 85 % des recettes douanières, soit 45 à 50 % des recettes fiscales et plus 50 % de la richesse nationale du pays. Le port de Cotonou est une plate-forme tournante qui sert d’interface entre les pays du Nord et les hinterlands en facilitant l’importation des produits manufacturés et l’exportation des produits locaux et miniers. L’étude révèle que la majorité (50 %) des opérateurs enquêtés estiment que le trafic maritime du port de Cotonou concourt à l’intégration régionale et internationale de son arrière-pays. Accessoirement, il exerce un pouvoir attractif sur les investisseurs et entreprises étrangères (18 %), dynamise les aires urbaines (16,7 %) et valorise les composantes territoriales (15,3 %). Le port de Cotonou est une incontournable plate-forme portuaire du Niger ; des services ont été mis en place dans plusieurs structures pour améliorer et accélérer la fluidité et la célérité du transit. Certes, des efforts restent à entreprendre pour rendre plus compétitif le port de Cotonou dans la rangée de l’UEMOA pour capter plus de clientèle des pays enclavés.
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