La politique criminelle camerounaise à l'épreuve du terrorisme
Résumé
L’analyse de la réaction sociale contre le terrorisme peut trouver sa cohérence dans le recours à des modèles de politique criminelle. Le choix fait par les États dans le cadre de la lutte contre le terrorisme tend à construire une politique criminelle considérant la catégorie de délinquant visé comme un ennemi d’où l’idée de « guerre contre le terrorisme » ou l’émergence du paradigme du « droit pénal de l’ennemi ». Dans la lutte contre le terrorisme au Cameroun, on observe une approche multidimensionnelle. Toutefois, de nombreux rapports indiquent la persistance des défis sécuritaires liés aux attaques des groupes terroristes. En outre, le Cameroun fait depuis un certain temps l’objet de plusieurs reproches pour violation des droits humains dans le cadre de la lutte contre le terrorisme. L’on note le taux faible des décisions de condamnations pour les infractions terroristes devant les juridictions militaires, augmentant ainsi le nombre de decisions d'acquittement. Se pose alors la question de savoir comment expliquer malgré la diversité des procédés par lesquels l’État camerounais réagit contre le terrorisme que le système mis en place continue de faire l’objet de réprobations alors que cette criminalité demeure toujours? En effet, les procédés par lesquels l’État camerounais réagit contre la criminalité terroriste sont relativement inefficaces. Il s’agit donc de l’incapacité de la politique criminelle retenue à endiguer la criminalité terroriste. Si la déclinaison de la réponse étatique à un phénomène criminel place, à côté de la réponse répressive, d’autres types de réponses préventives, le modèle camerounais appliqué à la lutte contre le terrorisme permet de constater une inadaptation de sa politique préventive et une inadéquation de sa politique répressive.
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