Analyse immuno-épidemiologique des anticorps antiparasitaires et rôle du répertoire anticorps auto-réactifs dans la protection contre le Paludisme en Côte d'Ivoire
Résumé
Dans le paludisme, la réponse immune peut être analysée à la fois comme associée à la protection ou comme signature de l’infection. L’approche de deux aspects de cette réponse, anti-parasitaire et auto-réactive, phénomènes importants de l’interaction hôte-parasite, sont déterminants pour ce qui concerne la pathologie et représentent également une source d’informations épidémiologiques applicable pour la surveillance et le contrôle du paludisme. Ce travail vise d’une part, à cibler l’application épidémiologique potentielle des mesures des réponses anticorps antiparasitaires par rapport aux variations de l’intensité de la transmission dans certains sites, et d’autre part analyser la contribution du répertoire anticorps auto-réactifs dans la protection clinique du paludisme en Côte d’ Ivoire. Trois sites sentinelles (Abobo, Korhogo et Man) géographiquement différents ont fait l’objet de recrutement à partir de patients symptomatiques. A Abobo, des enfants porteurs asymptomatiques de parasites ont été enrôlés pour étudier le rôle du répertoire auto-réactif et sa relation avec la protection clinique du paludisme. Un panel d’antigènes des stades pré-érythrocytaire et érythrocytaire du parasite a été utilisé pour mesurer les réponses anticorps et analyser la relation entre le degré d’immunité et le background épidémiologique liés aux mesures de lutte et contrôle sur les sites sentinelles. Une stratégie quantitative de réponse anticorps (panama blot) a permis d’apprécier le répertoire auto-anticorps. L’analyse des réponses Anticorps utilisant un système multiplex ont démontré que le niveau d’immunité peut représenter un indicateur différentiel et un critère de risque par rapport au degré d’infection parasitaire. Ainsi les mesures de tels profils de réactivité peuvent contribuer positivement à un suivi différentiel et évolutif des mesures intégrées de lutte contre le paludisme. Le second volet de notre étude montre l’existence d’une composante auto-réactive induite au cours de l’infection par Plasmodium associée au portage asymptomatique du paludisme. L’augmentation de cette réponse auto-réactive a été associée à une baisse de la réponse IgG totale antiparasitaire 3D7 chez les porteurs asymptomatiques. Cette réponse auto-réactive diminue quand les mesures de luttes et de contrôle du paludisme augmentent. Les réactivités d’IgG sériques contre les bandes de protéines S6, S10, S11, S12, et S13 d’extrait de cerveau (de poids moléculaire compris entre 50-75 kDa) discriminent les sites de transmission différente. Ces bandes pourraient abriter des protéines de l’hôte qui pourraient être utilisées comme marqueurs épidémiologiques.
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