CARACTERISATION DE LA POLLUTION PARTICULAIRE (PM10 ET PM2.5) A ABIDJAN ET KORHOGO (COTE D’IVOIRE) EN LIEN AVEC LA SANTE DES POPULATIONS
Résumé
Les travaux de cette thèse s’intéressent à des problèmes actuels aujourd’hui devenus alarmants, à savoir l’impact de la pollution atmosphérique sur la santé des populations dans les villes d’Afrique de l’Ouest. Pour la première fois à notre connaissance, ils se penchent à la fois sur une capitale (Abidjan) et une ville moyenne (Korhogo) de Côte d’Ivoire. Cette étude s’inscrit dans le cadre du projet PASMU (Pollution de l’Air et Santé dans les milieux urbains) et porte spécifiquement sur la pollution particulaire. On observe que les niveaux de concentration mesurés de PM10 et PM2.5 à moyen terme de 2018 à 2020 sur nos 5 sites de mesures (3 sites à Abidjan et 2 sites à Korhogo) sont généralement plus du double des recommandations respectives de l’OMS de 2021. Pendant les saisons sèches, les populations sont soumises à des concentrations qui sont au moins deux fois plus élevées que celles des saisons humides, avec des concentrations largement plus importantes à Korhogo par rapport à Abidjan, ce qui était prévisible. On observe de fortes variations des rapports OC/EC d’un site à un autre : à Abidjan, ces rapports traduisent l’influence de la source trafic sur les 3 sites (A1, A2 et A3), avec pour A3, la contribution supplémentaire de la source feux domestiques alors qu’à Korhogo, on note l’impact prédominant des sources de combustion incomplète (feux domestiques, deux roues …), en accord avec la météorologie mais aussi avec les paramètres climatiques régionaux. Ces résultats sont confirmés par une analyse ACP-PMF qui montre que les 2 principales sources influentes à Abidjan sont la source trafic pour 44,7% puis la source feux domestiques pour 40%, tandis qu’à Korhogo, il s’agit des feux de biomasse et feux domestiques pour 70,7% et le trafic pour 16%. L’activité oxydante massique (DTTm) et la fraction en carbone suie de l’aérosol (EC/PM2.5) sont corrélées sur l’ensemble des sites, ce qui suggère un lien entre l’activité oxydante des aérosols et les émissions par la source trafic. Les activités oxydantes volumiques (DTTv) observées sont de l’ordre de grandeur de celles observées dans des études antérieures, dans des pays développés, avec de fortes variations saisonnières. Nos cartes de variations spatiales montrent que les niveaux d’exposition sont particulièrement élevés pour les populations des quartiers à bas revenus d’Abidjan, et des zones de fortes activités notamment au centre-ville de Korhogo. Par ailleurs, la contribution des fines particules dans l’aérosol est prédominante à Abidjan avec des rapports PM2.5/PM10 supérieures à 50% alors qu’à Korhogo, ces derniers restent inférieurs à 50%, confirmant l’influence des sources anthropiques à Abidjan et les sources de poussières désertiques et des sols à Korhogo. Enfin, des simulations sur la ville d’Abidjan ont été réalisées avec le modèle WRF-Chem. Pour ce faire, un nouvel inventaire pour la ville d’Abidjan a été développé, avec une mise à jour des émissions de la source trafic et l’utilisation de clé de spatialisation spécifique à chaque source. La comparaison, entre les concentrations observées et simulées par le modèle WRF-Chem sur Abidjan, permet de conclure que les résultats de modélisation convenables tout particulièrement avec l’inventaire haute résolution, malgré quelques biais qu’il conviendra de réduire.
Citer ce document
Accès au document
Voir sur le dépôt sourceCe document est hébergé sur son dépôt institutionnel d'origine.
Auteur(s)
Statistiques
Consultations : 2
Téléchargements : 0