Analyse de la réponse immunitaire anti-palustre chez la femme pendant le 3ème trimestre de la grossesse et le postpartum : Etude de la réponse humorale spécifique à VAR2CSA et des profils de cytokines
Résumé
Le paludisme, maladie parasitaire potentiellement mortelle et transmise par les moustiques, est un problème majeur de santé publique en Afrique subsaharienne. Les femmes ayant une immunité partielle vis-à-vis de la maladie et vivant dans les zones endémiques payent un lourd tribut au cours de leur grossesse. Ce risque accru persisterait au-delà de l'accouchement, mais les mécanismes sous-jacents sont mal connus. En effet, le risque d’infection par le paludisme pendant le postpartum est très peu étudié et les résultats actuellement disponibles sont controversés. Le présent travail est une contribution à la compréhension des bases immunologiques de la susceptibilité et/ou de l’immunocompétence des femmes après l’accouchement. Nous avons évalué le profil de la réponse humorale spécifique à deux fragments (DBL5 et ID1- ID2a) hautement immunogènes de VAR2CSA afin de déterminer les titres d’anticorps naturellement acquis et dirigés contre ces antigènes (article 1). Nous avons mis en évidence qu’une forte association (OR = 11,96 ; 95% IC : (3.69-38.77) ; p<0,001) existait entre les IgG1 anti-DBL5 et le paludisme placentaire et que ces taux d'anticorps pourraient par conséquent permettre de prédire le paludisme placentaire. Par la suite, nous avons évalué chez les primipares, la dynamique des anticorps anti-DBL5 et ID1-ID2a (article 2) et le profil cytokinique (données personnelles) selon le statut palustre pendant le postpartum. Nos résultats ont confirmé que toute infection à P. falciparum pendant la grossesse constituait un facteur de risque d’infection placentaire pour les femmes vivant dans les zones endémiques (pour 51,5% de cas de paludisme, 23,8% des femmes ont fait un paludisme placentaire). De plus, nous avons montré que les forts taux de cytokines pro-inflammatoires étaient associés à l’infection palustre à l’accouchement. Aussi, pendant la période postnatale immédiate, l’équilibre des cytokines inflammatoires qui avait basculé vers les réponses de type 2 pendant la grossesse, se trouve progressivement inversée. Nos résultats suggèrent que toute infection palustre pendant la grossesse doit être considérée comme grave, car sans traitement, elle pourrait induire un paludisme placentaire. En outre, pendant le postpartum, les niveaux d’anticorps spécifiques au paludisme placentaire baissent progressivement, pendant qu’une tendance vers la production accrue de cytokines anti-inflammatoires s’installe.
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