Recomposition des habitats urbains et du cadre de vie dans la région de Gbêkê: diagnostics et perspectives dans un contexte de ville durable
Résumé
À l’instar des pays de l’Afrique subsaharienne, la Côte d'Ivoire connait une urbanisation remarquable ces dernières décennies. Cette urbanisation est traduite par une augmentation rapide de la part de la population urbaine et du nombre de villes. En effet, estimé à 32% en 1975, puis à 42,5% en 1998, le taux d’urbanisation en Côte d’Ivoire est passé à 50,3 % ce qui correspond à 11 276 646 citadins en 2014. La région de Gbêkê ne reste pas en marge de cette dynamique urbaine. Avec un taux d’urbanisation estimé à 60%, la région de Gbêkê comptait plus 609 755 urbains, soit 5,4% de la population urbaine en Côte d’Ivoire (INS, 2014). Avec ce rythme, l’urbanisation de la région tend vers un niveau non amortissable et non maitrisable par les autorités. Dans les paysages urbains, l’un des effets spatiaux de la forte croissance urbaine est la dégradation des habitats urbains et du cadre de vie des ménages. Les investigations attestent que les habitats dégradés et spontanés marquent les espaces urbains de la région dans des cadres de vie fortement dégradés. Dans un contexte marqué par la dynamique des milieux urbains et la recrudescence de la pauvreté, les ménages surtout économiquement faibles sont relayés vers les habitats spontanés et dégradés dépourvus de tout système d’assainissement adéquat. Les enquêtes et le traitement statistique des données à la fois primaires et secondaires ont permis de mettre en exergue les causes profondes de ce phénomène. Si la problématique est fortement liée à l’extrême pauvreté et aux pratiques des populations, les facteurs tels que la défaillance des systèmes de production de logements à grande échelle et le manque ou le dysfonctionnement des dispositifs d’assainissement n’ont pas été exclus des analyses. De la capitale régionale aux villes satellites investiguées, les motifs sont similaires avec quelques contrastes mais le déficit de logements abordables, la mauvaise qualité des habitats existants et le manque d’infrastructures et équipements d’assainissement constituent les principaux déterminants de la dégradation des habitats et des cadres de vie. Au demeurant du lien étroit entre la qualité de l’habitat, la qualité du cadre de vie et la santé environnementale, des remèdes solides et pratiques sur la base des projets SIG ont été proposés par cette thèse afin d’améliorer les systèmes de production de logements et de gestion du cadre de vie. C’est à ce prix que les conditions d’habitations des ménages pourront être améliorées et que les décideurs pourront offrir un cadre de vie sain aux populations dans une vision du développement urbain durable.
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