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ESTIMATION DU POTENTIEL DE SEQUESTRATION DU CARBONE A L’AIDE DES MODELES D’EQUATIONS ALLOMETRIQUES MULTI-ESPECES : APPLICATION AUX PHYTOCENOSES DE LA GUINEE FORESTIERE

Thèse 2021 Français

Résumé

La République de Guinée dispose d’un grand bloc de forêt humide tropicale et possède un potentiel d’émissions de dioxyde de carbone (CO2) élevé. Une connaissance de la quantité et de la distribution du carbone dans ces forêts permettra de faire le suivi des émissions de CO2 associées à la déforestation et la dégradation. De nos jours, il est évident que le carbone est au cœur des discussions internationales sur l’effet de serre et le changement climatique. La forêt assure ainsi un rôle primordial en captant les composés atmosphériques contenant du carbone ou en libérant le dioxyde de carbone par respiration suite à la décomposition et par combustion. Cela fait d’elle le principal réservoir terrestre de carbone susceptible, selon le cas, de se comporter en puits ou en source. La présente recherche est effectuée dans les forêts classées de la Guinée Forestière. L’objectif visé d’une part est de tester et d’évaluer la validité des équations allométriques pantropicales et d’autre part de développer des équations allométriques locales suivi enfin d’une analyse comparative des méthodes d’inventaire forestier et de Télédétection. La méthodologie utilisée pour la quantification de la teneur en carbone superficiel et le potentiel de séquestration à l’échelle de la zone d’étude a été structurée autour de deux étapes combinant l'utilisation de deux techniques : (i) l’inventaire in situ pour mesurer les volumes de la biomasse et des stocks de carbone dans des placettes réparties sur les différentes régions bioclimatiques de la Guinée Forestière (ii) les résultats utilisant les indices de végétations moyen (NDVI) et les imageries satellitaire sur une période de 30 ans (1990-2019). Le traitement et l’analyse ont permis obtenir les résultats suivants: la surface des forêts primaires demeure constante à 52% soit 65742,46 ha ; la surface des forêts secondaires s’amenuise de 25% en 1990 et 18% en 2019 soit une perte nette de 7% (19000,70 ha) qui correspond à une déforestation de 633,33 ha par an, les forêts galeries ont subi une diminution de 5% en 1990 et de 3 % en 2019 soit une perte de 2%, les formations arbustives de transition ont connu une dégradation de 9% en 1990 et 5 % en 2019 soit une perte de 4 %, tandis que les autres surfaces constituées des nappes d’eau, de tissus urbains, des champs de culture, des mines et carrières ont progressé de 9% en 1990 à 23 % en 2019 soit une augmentation de 14% qui correspond à 38 468,14 ha, qui met en évidence une hausse des superficies occupées à environ 1 282,27 ha par an. Le test de validité des équations allométriques pantropicales dans la réserve de la biosphère du Mont Nimba a permis d’obtenir les résultats qui suivent : 19,57 tC/ha pour l’équation de Chave et al. 2005 ; 13,36 tC/ha, pour l’équation d’Ebuyi et al (2011). Par ailleurs, il est à souligner que l’équation de Chave estime plus le stock de carbone dans cette forêt. Dans le cadre de l’établissement du NERF, des données ont été collectées dans la forêt classée de Ziama sur quatre (4) zones : Boo, Massadou, Sérédou et Zoboroma ; un gradient de biomasse par essence est estimé comme suit : Funtumia elastica (114t/ha), Uapaca guinéensis (200 114t/ha), Celtis mildbraedii (130 114t/ha), Piptadeniastrum africanum (302 114t/ha), Bosqueia angolensis (148 114t/ha), Funtumia elastic (122 114t/ha). Les émissions de CO2 ont suivi une tendance croissante durant la période 2010-2018. Elles ont totalisé 175,89 teCO2 en 2010 tout évoluant sans interruption pour atteindre 571,33 teCO2 en 2018. Ainsi, le NERF dans la forêt classée de Ziama est de 146,69 teCO2/an en moyenne. En ce qui concerne le développement de notre modèle d’équation allométrique pour la région forestière de la Guinée, les critères de sélection et de validité des modèles sont basés sur les tests de normalité, de nullité, d’hétérogénéité et d’autocorrélation des résidus. Ensuite, nous avons effectué, l’analyse des erreurs résiduelles, des erreurs résiduelles standard (RSE) et le critère d’information d’Akaike (AIC). Parmi les dix (10) modèles développés, six (6) tiennent compte du diamètre et la densité. Les modèles avec un AIC de 30,71 et un RSE de 0,2989 sont les plus cohérentes. Par contre quatre équations tenant compte du diamètre, de la hauteur et la densité ont été élaborées, parmi lesquelles le modèle (Δ1) est le plus précis, avec un AIC de 16,91 et un RSE de 0,26. L’équation (Δ2) a une erreur résiduelle égale à 0,044 soit 4,43% et un AIC plus faible par rapport à l’équation (Δ1) qui a une erreur résiduelle élevée en même temps que l’AIC. Ce qui les disqualifie de la sélection. C’est ainsi le modèle sous forme de puissance est le plus explicatif de la biomasse aérienne en Guinée Forestière. Ces résultats obtenus devraient doter à la Guinée et les pays ayant les mêmes types d'écosystèmes ; des arguments sur la capacité de leur végétation ligneuse à absorber le carbone atmosphérique et permettre ainsi de développer les fondements d'une contribution positive visant à améliorer l'état de l'atmosphère par des activités de renouvellement du couvert végétal tout en inscrivant de telles activités dans le sens d'un profit durable pour les populations locales.

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Bah, A. (2021). ESTIMATION DU POTENTIEL DE SEQUESTRATION DU CARBONE A L’AIDE DES MODELES D’EQUATIONS ALLOMETRIQUES MULTI-ESPECES : APPLICATION AUX PHYTOCENOSES DE LA GUINEE FORESTIERE.

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