ENJEUX ET PERSPECTIVES DE L’AGRICULTURE POUR LE DEVELOPPEMENT RURAL DANS LA REGION DE L’OUEST CAMEROUN
Résumé
L’agriculture est pratiquée par plus de 90 % des populations des zones rurales de l’ouest Cameroun. Etant basée sur les méthodes artisanales, elle produit assez de nutriments pour la consommation locale, mais pas suffisamment les matières premières pour les agro-industries pouvant créer les valeurs ajoutées et générer les emplois. L’objectif de cette thèse instituée « enjeux et perspectives de l’agriculture pour le développement rural dans la région de l’ouest Cameroun » est de contribuer à l’analyse des problèmes qui freinent le développement des zones rurales a’ travers l’agriculture familiale. Pour mener cette étude, 2 tirages au sort successifs de 3 communes dans 3 départements ont permis d’obtenir par choix raisonne’, un échantillon de 83 producteurs constitués de 51 vivriers et 32 maraîchers ont été effectués. Elle a été complétée par des entretiens avec 30 personnes ressources composées des autorités traditionnelles, des services déconcentrés de l’Etat, des leaders d’association, des représentants des bailleurs de fonds et des leaders des associations. Des analyses des données, il ressort que les sources de financement proviennent 65 % des ressources propres des producteurs, de 28 % des fonds négociés dans les tontines et 4 % des crédits bancaires. La production est centrée sur de petites parcelles éparpillées dans les villages et distribuées de manière discriminatoire à 65 % d’hommes et 35 % de femmes. Les semences sont prélevées 41 % sur les dernières récoltes, 14 % les producteurs les achètent en vrac sur les marchés locaux ou chez les voisins et 24 % les obtiennent dans des magasins spécialisés. Les paysans pratiquent une polyculture a’ cycle variable en se servant uniquement des houes et des machettes : aucune machine agricole n’est appropriée pour sa mise en œuvre. L’autoconsommation avoisine 42 % de la production, aucune structure de stockage ou de transformation n’est disponible. Néanmoins pour améliorer leurs conditions de vie, 8 % des producteurs participent a’ la construction et a’ l’équipement les salles de classe, 9 % des habitants contribuent à l’adduction d’eau potable tandis que 20 % des paysans aménagent les pistes rurales. Aucun plan d’occupation du sol n’est envisagé laissant place à l’exploitation anarchique des terres en bidonvilles et les activités agro-sylvo-pastorales. Ainsi, le système agricole actuel ne permet pas le développement optimal des zones rurales de l’ouest Cameroun. Pour l’améliorer, il faudrait concevoir et mettre en application les plans d’occupation des sols avec la participation de tous les acteurs concernés. Il serait judicieux de mettre en place les structures d’épargne–crédit adaptées aux activités agricoles avec l’implication des paysans. Il faudrait vulgariser les techniques agricoles, encourager les producteurs a’ se regrouper et les impliquer dans les projets de développement de leurs zones.
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