DYNAMIQUE DE LA VÉGÉTATION ET DE LA FLORE DU PARC NATIONAL DU BANCO (ABIDJAN, CÔTE D’IVOIRE)
Résumé
Dans le contexte actuel du changement global, la perte de la biodiversité en Afrique de l’Ouest constitue une problématique grandissante. Le travail de ce mémoire a été réalisé dans le Parc National du Banco (Côte d’Ivoire). Il s’inscrit dans le cadre de l’évaluation de la flore et de l’actualisation des surfaces forestières disponibles dans cette aire protégée en Côte d’Ivoire, afin de mieux les gérer et garantir leur conservation. La méthodologie est une combinaison des approches cartographiques et botaniques. Deux unités paysagères caractérisent les formations forestières de ce parc : la formation forestière dense et la formation forestière dégradée. Les caractéristiques de la végétation et flore sont différentes dans les deux unités paysagères. L’analyse diachronique de la couverture végétale a conduit à réaliser la cartographie de la végétation à l’aide d’images satellitaires TM (1987), ETM+ (2000) et OLI+ (2019) de Landsat. Selon cette analyse, les pressions anthropiques ont entraîné au cours de la période 1987 à 2019, une modification de la couverture végétale du parc. Au niveau de la dynamique temporelle, on assiste à une régression du couvert végétal. Chaque année, 1,07 hectares de ce couvert disparaissent. Les surfaces forestières du Parc National du Banco ont fortement régressé passant de 3132,35 ha en 2000 à 3007,04 ha en 2019, soit un taux de -4 %, au profit des formations forestières dégradées. Le dispositif d’échantillonnage de la flore a été composé de 130 placettes de 25 m X 25 m et 30 relevés linéaires de 200 mètres de long inégalement réparties dans chaque type d’occupation du sol. L’inventaire floristique a permis de recenser un total de 556 espèces réparties entre 331 genres et appartenant à 94 familles. Les résultats obtenus montrent que la flore du Parc National du Banco est dominée par les familles des Fabaceae, Rubiaceae et Apocynaceae. Elle renferme 97 espèces endémiques et 39 espèces rares et/ou menacées d’extinction. La circonférence des individus de DHP ≥ 10 centimètres, l’aire basale, la richesse et la diversité floristique sont affectés dans la formation forestière dégradée tandis que la densité a montré ses plus fortes valeurs dans la formation forestière dense de la zone périphérique et centrale du parc. La structure diamétrique montre que les tiges les plus représentées sont les tiges de régénération. C’est au niveau de la structure de la végétation que les plus grandes différences s’observent entre la zone périphérique et centrale du parc. Les espèces pionnières, assez représentées dans la formation forestière dégradée, indiquent qu’elle est moyennement perturbée. Les espèces les plus prépondérantes sont Chrysophyllum subnudum Baker (Sapotaceae), Turraeanthus africanus (Welw. ex C.DC.) Pellegr. (Meliaceae) et Piptadeniastrum africanum (Hook.f.) Brenan (Fabaceae). Ces résultats attestent que malgré les actions anthropiques qui jouent sur son intégrité, cette forêt à une grande valeur écologique. Les différentes caractéristiques du Parc National du Banco révélées par cette étude sont des connaissances nécessaires aux plans de gestion durable et de réhabilitation de sa biodiversité dans toutes ses composantes.
Citer ce document
Accès au document
Voir sur le dépôt sourceCe document est hébergé sur son dépôt institutionnel d'origine.
Auteur(s)
Statistiques
Consultations : 3
Téléchargements : 0