Anesthésie-réanimation pour transplantation rénale pédiatrique au CHU Sahloul
Résumé
Introduction : La transplantation rénale pédiatrique présente des particularités anesthésiques et réanimatoires. Toutes les étapes sont primordiales pour obtenir un bon fonctionnement du greffon ; de la préparation préopératoire du donneur et du receveur jusqu’au postopératoire. Les complications péri-opératoires du couple doivent être prévenues, diagnostiquées et traitées à temps. A travers notre travail, nous exposant nos procédés d’anesthésie-réanimation du couple donneur vivant-receveur pédiatrique, tout en proposant un Protocol de prise en charge péri-opératoire adapté au CHU Sahloul de Sousse. Méthodes : Il s’agit d’une étude rétrospective descriptive et analytique sur 8 ans, de janvier 2008 à décembre 2015, qui a inclus les couples donneurs vivant-receveurs d’âge inférieur ou égale à 18 ans le jour de la transplantation rénale. Les données démographiques, anthropométriques et les antécédents ainsi que les données de l’évaluation et de la préparation préopératoire ont été colligés. le déroulement de l’anesthésie-réanimation et de la chirurgie ont été précisées. Les paramètres hémodynamiques, biologiques, thérapeutiques et les données évolutives ont été aussi notés. Résultats : Trente couples ont été colligés. La moyenne d’âge des receveurs était de 12,80 ± 3,73 ans (extrêmes : 5 et 18 ans). La moyenne d’âge des donneurs était de 40,60 ± 8,75 ans (extrêmes : 21 et 60 ans). Les antécédents des receveurs étaient : anémie chronique sévère (20 cas), hypertension (14 cas), retard de croissance sévère (13 cas), infection urinaire (11 cas), infection sur cathéter d’hémodialyse (9 cas), antécédents de transfusion (27 cas), transfusion la veille de l’acte (8 cas) et antécédents de reflux vésico-urétéral (16 cas). 11 receveurs avaient au moins une anomalie au bilan de thrombophilie. La principale cause d’insuffisance rénale chronique terminale est la néphropathie tubulo-interstitielle chronique (21 cas). La durée moyenne de dialyse était de 24,97 ± 24,23 mois (extrêmes : 2 mois et 8 ans). L’hémodialyse était le mode de dialyse initial dans 28 cas. La technique anesthésique chez les receveurs était intraveineuse classique dans 25 cas et par AIVOC dans 5 cas. Les halogénés avaient assuré la narcose d’entretien dans 22 cas avec une proportion égale entre sévoflurane et isoflurane. Le propofol était le narcotique d’induction chez tous les donneurs. La narcose d’entretien était assurée par le propofol à la PSE dans 4 cas et par les halogénés dans le reste des cas répartit comme suit : 19 cas par isoflurane et 7 cas par sévoflurane. Le remplissage peropératoire chez les receveurs était guidé par la PAM instantanée (29 cas) et par la PVC (22 cas). La quantité de cristalloïdes perfusées chez les receveurs était de 125,54 ± 77,57 ml/kg alors que chez les donneurs, elle était de 44,42 ± 15,70 ml/kg. 16 receveurs ont été transfusés en peropératoire. Les médicaments administrés en peropératoires chez les receveurs étaient : éphédrine (5 cas), albumine (3 cas), mannitol (2 cas), furosémide (16 cas), HNF (16 cas) et nicardipine (1 cas). L’analgésie postopéatoire chez les receveurs était multimodale et la morphine n’a était administré que dans 12 cas. Aucune analgésie locorégionale n’a était pratiquée. Alors que la rachianalgésie a été pratiquée chez 21 donneurs. L’antibioprophylaxie chez les receveurs a consisté en co-amoxiclav (20 cas), céfotaxime (7 cas) et un cas d’antibiothérapie adaptée au portage de germes. Chez les donneurs du co-amoxiclav a été administré en pré-induction dans 12 cas et de la céfazoline dans 9 cas. La voie d’implantation intrapéritonéale était réalisée dans 24,1% avec une médiane de poids de 20,5 kg (extrêmes : 19,5 et 24,5kg). Alors que la voie extrapéritonéale était effectuée dans le reste des cas avec une médiane de poids de 36 kg (extrêmes : 19,5 et 67kg). L’extubation était réalisée sur table opératoire pour tous les couples. 26 receveurs avaient eu une reprise immédiate de la diurèse au déclampage et aucun cas de reprise retardée de la fonction du greffon. La durée de l’ischémie totale était de 104,27 ± 28,49 min et la durée de l’ischémie froide était de 52,17 ± 26,13min. A J2 postopératoire la diurèse chez les receveurs était de 7,98 ± 5,8 ml/kg/h et la clairance de créatinine était de 78,58 ± 32,53 ml/min. Chez les donneurs, la clairance de créatinine a chuté de 40 ± 22 ml/min à J0 postopératoire. 14 receveurs ont présenté un hématome péri-greffon sans relation de causalité avec l’héparinothérapie peropératoire (p=0,696). Six receveurs ont eu une reprise chirurgicale. Les infections bactériennes ont intéressé 25 receveurs et 16 donneurs. Trois receveurs ont eu une perte du greffon. Un seul décès a été déploré chez les receveurs à 6 mois postopératoire secondaire à un état de choc septique. Conclusion : l’anesthésie-réanimation est une spécialité en progression continue. La bonne pratique et l’innovation technologique en monitorage hémodynamique sont essentielles pour réussir une transplantation rénale pédiatrique. L’analyse de notre expérience est utile pour établir des stratégies meilleures.
Citer ce document
Accès au document
Voir sur le dépôt sourceCe document est hébergé sur son dépôt institutionnel d'origine.
Auteur(s)
Statistiques
Consultations : 2
Téléchargements : 0