Cybersécurité et développement durable à N'Djamena au Tchad
Résumé
La confiance numérique procure la cybersécurité, rassure et encourage les cybernautes indépendamment de leur nationalité et de leur lieu de résidence à l’exploitation optimale des potentiels du cyberespace pour contribuer à leur développement durable. Cependant, plusieurs types de vulnérabilités favorisent le développement effréné de la cybercriminalité à laquelle les cybernautes font quotidiennement face, réduisant ainsi ladite confiance. La présente thèse de doctorat (PhD) analyse les types de cybercrimes subis par les cybernautes à N’Djamena, les attitudes et pratiques cybersécuritaires de ceux-ci et en dégage les types de vulnérabilités les plus exploités par les cybercriminels. Face à la récurrence qu’ils subissent et à l’inefficacité des stratégies et solutions pratiquées jusqu’à présent, ces derniers développent une forte méfiance au cyberespace et n’en profitent pas suffisamment dans leurs activités de développement durable. « La cybersécurité impacte l’exploitation optimale des potentiels du cyberespace pour le développement durable à N’Djamena. » Telle est l’hypothèse que vérifie cette thèse. Sa vérification s’est appuyée sur une revue de littérature abordant ce sujet, consultée dans les centres documentaires au Tchad et à l’étranger et sur Internet. Elle s’est aussi nourrie des données primaires collectées sur le terrain grâce à une enquête par questionnaire menée auprès de 434 cybernautes choisis dans 9 quartiers de N’Djamena, représentatifs des comportements numériques de la capitale du Tchad. Des entretiens individuels ont été menés avec 35 responsables des entreprises, des autorités policières et judiciaires impliquées dans la cybersécurité. Les données policières présentent 165 cas de cybercrimes, dont 65% relèvent de la cyberescroquerie. L’enquête de terrain relève que 18% de cas de cybercrimes sont d’origine psychosociologique (oubli, négligence, ignorance, inadvertance, inconscience, etc.) et repartis en 14 types. L’analyse des stratégies et pratiques de cybersécurité montre que les dimensions psychosociologiques n’y sont pas suffisamment prises en compte. Ces résultats démontrent que les cybercriminels contournent les barrières technologiques et techniques en exploitant par la ruse et le camouflage les failles psychosociologiques des individus ciblées pour obtenir les éléments identitaires et techniques d’accès aux patrimoines (biens, services, etc.) afin d’atteindre leurs objectifs et d’assouvir leurs besoins cybercriminels. Cette situation insuffle une méfiance numérique qui défavorise l’exploitation optimale du cyberespace pour le développement durable à N’Djamena.
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