Mutations dans la fabrication des espaces urbains de la ville coloniale de Bône (fortifications, port, cours) 1840-1933
Résumé
Résumé : Fondée sur des principes de micro histoire , cette thèse examine la fabrication des espaces de la ville de Bône (Auj. Annaba, Algérie) entre 1840 et 1933. Le travail s’inscrit dans le large champ de l’histoire de l’urbanisme et entend par là, appréhender « Bône en fabrication » et non pas la ville constituée, et entend questionner les modalités de mise en place de la ville, et leur déroulement, et ce, dans leur rapports internes et non en lien avec la ville arabe. Le questionnement des mutations dans la fabrication des espaces structurants de la ville devenus catégories d’analyse (Fortifications, Port et espaces publics, Cours), examine les moments forts pour en faire des faits historiques tels que définis par Paul Veyne ; ce qui représente la part inédite de ce travail. Du début XXe siècle à 1933, Bône s’étend démantelant les anciens remparts et ouvrant la voie à de nouvelles pratiques urbanistiques : Le plan est désormais consacré ; la démarche ; l’analyse aussi. Ceci représente le deuxième volet particularisant cette recherche. Cette partie du travail répond à l’idée d’émergence du « plan », à son apport à l’histoire de la ville et à celle d’une culture urbanistique sur la période 1930 qui serait à enrichir par l’expérience bônoise. Le Plan de Bône nous a fourni une opportunité, celle d’être à la rencontre des années 1930. Ainsi dénoués, les fils de l’histoire de fabrication de Bône offrent un paysage plus clair des démarches urbanistiques et de leurs liens, des espaces fabriqués ou à fabriquer et de leurs articulations, des ressorts des hommes qui l’ont faite et de leur succession autrement moins visible. Les itinéraires de la structure physique de Bône sont particuliers du fait de leurs adaptations successives au contexte local, et du fait surtout, de leur adaptation aux principes classiques de la conception urbaine. Bône a été à cet égard, un cas d’école pour ce qui est de son application de l’art urbain français ou « à la française ». Par le plan d’alignement de Gonssolin, les tracés de la nouvelle ville en sont la marque. Face à quoi, la fabrication ordinaire de la ville sous forme de lotissements, ou d’extensions planifiées et spontanées, n’a pu qu’assurer la continuité, du tracé au sol du moins. René Danger, premier urbaniste de la ville et première « découverte » de nos investigations en archives, a du faire primer une logique de « continuité » à l’égard de quelques thématiques essentielles en lien avec les ressources esthétiques, urbanistiques et édilitaires de Bône . Ceci a été l’essentiel de l’apport de ce travail au plan méthodologique, qui n’est pas à confondre avec les techniques et les axes pris par nos investigations : archives urbaines et d’architecture (Académie et Institut d’Architecture, Archives des Ponts et Chaussées), archives du génie militaire (SHD, Vincennes), les procédures et décisions (Archives nationales, ANOM Aix, Pierrefitte…). Au plan conceptuel, il nous a importé de mettre en relief une notion de la fabrication urbaine, probablement plus large que celle usuelle de production de l’espace. La fabrication admet toute sorte de dynamiques d’intervention, selon des échelles souvent difficiles à appréhender. Elle couvre aussi des zones bien moins visibles que celles auxquelles nous a habitué un discours sur une sorte d’exemplarité de la construction de la ville coloniale. L’exemplarité renverrait à l’acception du « tout est possible » du fait d’un exercice de pouvoir de la colonisation.
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