LA PRISE EN COMPTE DES DROITS DES PEUPLES AUTOCHTONES DANS LA GESTION DURABLE DES RESSOURCES EN EAU DU FLEUVE NIL DÉFIS ET PERSPECTIVES
Résumé
La gestion des ressources en eau du bassin du Nil suscite des différends entre les États d’amont et les États d’aval au sujet de l’interprétation et de l’application des principes d’utilisation des cours d’eau internationaux. Les insuffisances du régime juridique de gestion du bassin du Nil est à l’origine des effets négatifs sur l’utilisation durable de ses ressources et sur la reconnaissance des droits de l’homme en général et les peuples autochtones en particulier (droit à l’eau, droits fonciers, droits culturels…). Suite aux mutations économiques et socio-politiques qui engendrent le bouleversement des rapports de force entre les États du bassin du Nil et de toute la région d’Afrique de l’Est, d’Afrique du Nord et du Moyen Orient, la dynamique de révision de la reglementation du partage des ressources en eau du bassin du fleuve Nil implique de prendre en considération des enjeux nouveaux de protection de l’environnement, de protection des droits des peuples autochtones et de leurs savoirs traditionnels pour une gestion durable des ressources du bassin. Cette réflexion devrait ainsi tenir considération des réalités politiques jalonnées de conflits internes et interétatiques, des réalités culturelles liées aux usages de l’eau et des terres et de l’implication de toutes les parties prenantes dans le cadre de la GIRE. La réflexion sur la gestion durable des ressources en eau du bassin du Nil impose donc de dépasser le cadre du droit classique des cours d’eau internationaux pour embrasser d’autres branches du droit comme le droit de l’environnement et le droit international des droits de l’homme en insistant sur les droits des groupes vulnérables comme peuples autochtones.
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