RÉSILIENCE DES TRÈS PETITES ENTREPRISES AUX CRISES DE GRANDE AMPLEUR DANS LES PAYS EN DÉVELOPPEMENT : CAS DU SECTEUR INFORMEL SUITE AUX INONDATIONS DU 1ER SEPTEMBRE 2009 À OUAGADOUGOU AU BURKINA FASO
Résumé
Les très petites entreprises dont fait partie généralement le secteur informel, sont confrontées à des crises récurrentes parfois brutales comme les inondations qui hypothèquent leur survie, leur croissance et leur développement ; ce qui requiert de leur part des capacités de résilience. En effet, sans allocation de chômage, sans assurance, et parfois même sans soutien familial ni institutionnel, toutes les conditions sont réunies pour la mort de ces entreprises. Cependant, alors que certaines disparaissent, d’autres rebondissent et s’en sortent mieux suite aux crises. D’où la question de recherche : « Quels sont les facteurs qui déterminent les capacités de résilience du secteur informel aux crises de grande ampleur ? » C’est la quintessence de notre recherche qui, à travers une méthodologie duale (qualitative et quantitative) cherche à explorer, à percer le « mystère » sur les facteurs de résilience des très petites entreprises suite aux crises de grande ampleur. La théorie de la résilience de Lucie BEGIN et Didier CHABAUD (2010) qui renvoie à une capacité à travers trois dimensions suivantes a été retenue. i) une capacité d’absorption permettant à l’organisation de ne pas s’effondrer face au choc ou à l’inattendue ; ii) une capacité de renouvellement par laquelle l’entreprise peut s’inventer des nouveaux futurs, trouver des solutions inédites et iii) une capacité d’appropriation lui permettant de devenir plus forte de ses expériences. Les principaux résultats de la recherche qualitative de notre thèse font ressortir que leur résilience dépend en partie des ressources possédées antérieurement à la crise, et surtout du dynamisme de l’entrepreneur, du domaine d’activités, de l’importance des ressources mobilisées après la catastrophe et de la solidarité familiale et entre amis, sans occulter l’appui moral. Ces résultats ont été corroborés par ceux de la recherche quantitative, permettant de bénéficier des avantages des deux méthodes tout en apportant des contributions significatives. A cet effet, sur le plan scientifique, nos travaux ont apporté de nouvelles connaissances sur les facteurs de résilience de ces entreprises oubliées par la recherche, notamment la solidarité. Ils ont aussi montré que les entrepreneurs analphabètes ont des capacités et sont plus résilients que les entrepreneurs plus instruits. Ils ont également permis d’infirmer les hypothèses selon lesquelles la résilience dépendait de l’importance des ressources possédées antérieurement à une crise et que la culture africaine était un obstacle à la performance des entreprises sans oublier les apports méthodologique, managérial et opérationnel. Cette recherche qui constitue une première de ce genre malgré les limites inhérentes à toute recherche, constitue un petit pas, mais un pas important vers la connaissance des facteurs de résilience des entreprises informelles aux crises de grande ampleur et sera d’une utilité certaine pour les scientifiques, les gouvernements, les politiciens, les partenaires techniques et financiers ainsi que les acteurs du secteur informel.
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