Stratégies de gestion durable des eaux usées domestiques dans la Commune de Porto-Novo et préservation de sa lagune de la pollution urbaine
Résumé
Les eaux de surface dans beaucoup de pays du monde et d’Afrique sont exposées aux pressions anthropiques issues des rejets urbains de déchets liquides. Au Bénin, les plans d’eau sont sujets à diverses formes de pollution qui limitent leurs services écosystémiques naturellement rendus à la planète et aux populations environnantes. La présente recherche étudie les stratégies de gestion durable des eaux usées domestiques dans la Commune de Porto-Novo et la préservation de sa lagune de la pollution urbaine. Porto-Novo est la ville capitale politique du Bénin, originellement appelée « Hogbonou » par les Aja et « Ajashè » par les Yoruba. La méthodologie adoptée pour cette recherche s’appuie sur la collecte des données, leur traitement et l’analyse des résultats. Diverses données relatives à l’assainissement, à la démographie, au cadre de vie des populations, à leur niveau de vie, etc. ont été collectées dans trois cent quatre-vingts (380) ménages échantillonnés grâce au protocole de L. Rea (1997). Le logiciel Sphinx Plus V5 a servi à la conception du questionnaire, de la base des données, au traitement et à l’analyse des résultats. La biodégradabilité des eaux usées est calculée à partir de la démarche adoptée par M. S. Métahri (2012), S. Baha et F. Bensari (2014), etc. L’analyse du système d’assainissement est faite grâce aux critères définis par le GRET et QUÆ (2018). Le modèle d’analyse de DPSIR de l’OCDE et de l’AEE adopté par M. Bouchoucha et al. (2010) et S. Fernandez et al. (2011) est appliqué à cette recherche. Cette méthodologie a permis d’aboutir aux résultats de recherche. Soixante-trois virgule trois pourcent (63,3 %) des ménages interviewés ne vidangent pas leur fosse de toilettes. Soixante pourcent (60 %) des ménages rejettent les eaux usées de ménage dans les caniveaux ou devant les maisons et 43 % ne disposent pas de puisard pour leurs eaux usées de douchière. Quarante-deux virgule six pourcent (42,6 %) des ménages ont leur puits situé entre dix mètres (10 m) et quinze mètres (15 m) de leurs toilettes et 41,9 % ont leur puisard distant de six mètres (6 m) à dix mètres (10 m) des puits. Les rejets d’eaux usées domestiques dans les caniveaux chutent dans la lagune de Porto-Novo par le biais du réseau d’assainissement pluvial de la ville. Les nuisances sur le plan d’eau sont diverses. Les paramètres de pollutions relevés dans les rejets dépassent les normes de rejet dans le milieu naturel en vigueur au Bénin. Il est noté que, 326 mg/L et 231 mg/L de MES sont mesurées dans les rejets d’eaux usées domestiques en agglomération et au point de rejet dans la lagune au lieu de 35 mg/L pour une réduction minimum de 90 % ou de 60 mg/L pour une réduction minimum de 70 % fixées par la norme. De même, la DBO5 mesurée s’élève de 750 mg/L en agglomération à 500 mg/L au point de rejet, comme c’est le cas pour la DCO qui varie de 1650 mg/L à 1041 mg/L. Le rapport de biodégradabilité varie de 2,2 à 2,08. Il a été également recensé dans les caniveaux, des déchets solides dominés par des matières plastiques et organiques. L’option de l’assainissement non collectif (ANC) est plus appropriée à la ville de Porto-Novo au regard des critères analysés, avec 16 possibilités sur 17 contre 8 possibilités pour l’assainissement collectif. Les avantages de l’assainissement non collectif durable (ANCD) sont multiples. L’ANCD regroupe plusieurs stratégies dont l’application de l’économie circulaire. Les eaux usées domestiques offrent diverses possibilités de valorisation dans le domaine agricole, horticole, énergétique, sécuritaire, etc. dans le respect des normes de réutilisation qui varient selon le secteur, le pays et l’organisation.
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