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ÉVALUATIONS AGRONOMIQUES DES CHAMPIGNONS MYCORHIZIENS LOCAUX SUR LA PRODUCTIVITÉ DU MANIOC (Manihot esculenta Crantz) EN SOLS DÉGRADÉS DES JACHÈRES HERBEUSES À KISANGANI/ R.D Congo

Thèse 2018 Français

Résumé

Les terres infectées par les Champignons Mycorhiziens Arbusculaires (CMA) ont été appliquées comme inoculum dans des sols marginaux épuisés après quatre saisons consécutives de manioc dans les jachères herbeuses des zones de forêts tropicales humides. Deux essais expérimentaux conduits suivant un dispositif factoriel avaient permis de comparer deux variétés de manioc se distinguant par leur capacité de synthétiser le caroténoïde dans les racines et étaient soumises aux inoculations des CMA apportées seules ou combinées au fumier de ferme et/ou à l’engrais minéral. Le deuxième essai avait pour objectif de vérifier le rôle que jouerait le phosphore dans la biosynthèse du caroténoïde et comportait 3 facteurs entre autres l’apport ou non de la dolomite, les deux variétés de manioc et 6 doses croissantes de phosphore allant de 0 kg à 125 kg/ha avec une raison de 25 kg. Les analyses de sol ont été effectuées en amont et en aval de l’essai et des changements significatifs étaient notés en ce qui concerne l'acidité de surface mesurée à 4,6 de pH en moyenne avant la mise en place du manioc. Ce pH s’est vu augmenter lorsque l’inoculum aux spores de CMA était combiné au fumier de ferme (pH 6,3) ou lorsque l’inoculum était appliqué seul (pH = 5,96) ou encore lorsque le fumier de ferme était apporté seul (pH = 4,93). Des changements étaient également observés sur la dimension des particules du sol avec la diminution du pourcentage du sable à 65,5% lorsque le sol était traité au fumier de ferme et inoculé aux CMA. Le sable était à 70,9 % dans le contrôle (LSD.05 = 2,7 %). Les contributions des doses d'engrais minéraux ont donné une tendance à augmenter la fraction du sol en sable (entre 72 et 76 %). Les combinaisons de l’inoculum des CMA aux doses d'engrais et/ou au fumier ont montré une augmentation significative de la teneur en phosphore dans le sol et était évaluée à 7,5 % d’augmentation, de l'azote dans la fourchette de 4 % et du carbone jusqu'à 13 %. Les conditions générales du sol étaient modifiées grâce aux apports de l’inoculum des CMA et ces tendances ont également été observées sur la production obtenue sur les racines de manioc avec des moyennes de 55 t. ha-1 de racines sous inoculation contre 21 t. ha-1 de racines sur le témoin. Les CMA ont aussi favorisé la conservation de l’eau dans les tissus végétaux entrainant des réductions de la teneur en matière sèche dans les racines mais avec un effet positif sur la quantité et la qualité des feuilles de manioc même pendant les périodes austères des faibles précipitations. Aussi, il était question de vérifier si les applications de la symbiose mycorhizienne avaient une influence sur la disponibilisation du phosphore dans les sols acides des forêts tropicales et ainsi, dégager leur rôle dans la biosynthèse du bêta-carotène chez le manioc jaune. Des analyses statistiques faites à l’issue de l’étude, on a observé que les apports des CMA sous forme d’inoculum combinés ou non aux fertilisants conventionnels, influencent la teneur du béta carotène du manioc jaune et la disponibilisation de certains éléments minéraux dans le sol. On a obtenu d’une part des accroissements de rendement de l’ordre de 42 % chez la variété Kindisa (2001/1661) et 10 % chez Liyayi (MM 96/0287) grâce aux CMA. D’autre part, des modifications statistiquement significatives étaient aussi obtenues sur la mobilisation du phosphore assimilable dans le sol partant de 12,75 ppm dans le contrôle jusqu’à 18.07 ppm dans la combinaison CMA + NPK + Fumier (LSD.05 = 1,21 ppm, p < .001). Ces modifications du phosphore occasionnée par les CMA, ont influé sur la concentration du caroténoïde total dans les racines de manioc. Elle était passée de 5,2 à 6,8 mg.kg-1 chez la variété Kindisa et de 3,2 à 5,1 mg.kg-1 chez la variété Liyayi (LSD.05 = 0,36 mg.kg-1, p < .001). Le rôle catalytique du phosphore dans la biosynthèse du caroténoïde est donc vérifié à ce stade. Aussi, une décroissance de l’ordre de 23 % de la matière sèche utile est observée dans les racines de manioc lorsqu’on apporte les inocula des CMA. Cette condition aurait favorisé la bonne concentration des caroténoïdes dans ces racines. L’acidité du sol indisponibilise l’absorption du phosphore par les racines et par conséquent, réduit l’effet catalytique du phosphore dans la biosynthèse du caroténoïde. A cause de cette acidité donc, les valeurs sont passées de 6,65 µg/g à 7,82 µg/g (LSD.05 = 1,05 µg/g) chez Kindisa et de 3,62 µg/g à 4,03 µg/g chez Liyayi. La rentabilité économique de divers traitements appliqués était évaluée et il était ressorti que l’amendement des sols par inoculation des CMA permet d’obtenir des taux marginaux de rentabilité (TMR) supérieurs au taux de référence de 0,5 et évalués en moyenne à 1,39. Les apports des engrais minéraux par exemple se sont avérés non rentables avec un taux de 0,45.

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Ndonda, A. (2018). ÉVALUATIONS AGRONOMIQUES DES CHAMPIGNONS MYCORHIZIENS LOCAUX SUR LA PRODUCTIVITÉ DU MANIOC (Manihot esculenta Crantz) EN SOLS DÉGRADÉS DES JACHÈRES HERBEUSES À KISANGANI/ R.D Congo.

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