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Syndrome de domestication chez Dacryodes edulis (G.Don) H.J.Lam (Burseraceae) : analyse comparée des populations sauvages et cultivées, perspectives pour la gestion durable de ces ressources dans le Bassin du Congo

Thèse 2025 Français

Résumé

Depuis des millénaires, les populations ont développé des savoirs leur permettant de sélectionner et cultiver des espèces forestières utiles, initiant ainsi le processus de domestication, souvent accompagnée de transformations morphologiques, biologiques et génétiques. Cette étude s’intéresse à la domestication de Dacryodes edulis communément appélé Safoutier ou Atangatier, un arbre fruitier indigène d’Afrique centrale présent à la fois à l’état sauvage et cultivé. Son histoire évolutive reste encore peu documentée. Pour contribuer à une meilleure compréhension de ce processus, deux objectifs spécifiques étaient poursuivis : (i) analyser les connaissances et usages locaux sur le safoutier sauvage, inventorier les caractères favorisés, défavorisés ou maintenus pendant la mise en culture de l’espèce au Cameroun et Gabon; (ii) effectuer une comparaison multicritère des individus sauvages et cultivés au Cameroun. Neuf focus groups et 243 enquêtes individuelles ont permis de révéler que les safoutiers sauvages, présents en forêt, sont bien connus des populations (75%) qui les reconnaissent par des caractéristiques morphologiques telles que la petite taille des fruits (FC = 182). Cinq catégories d’usages ont été recensées : alimentation (FC = 99), médicinal (FC=71), bois de chauffage (FC=48), socio-culturel (FC=11) et commerce (FC=1). Les résultats montrent l’existence d’un syndrome de domestication chez D. edulis pour certains traits : une proportion plus élevée de types sexuels mâles (47,4 %) et mâles-hermaphrodites (31,6 %) chez les individus sauvages comparés aux cultivés (respectivement 17,4 % et 26,1 %) ; ainsi qu’une masse significativement inférieure des fruits (test ANOVA) (15,6 ± 7,30 g) et des graines (6,05 ± 2,63 g) chez les sauvages par rapport aux cultivés (49,10 ± 17,52 g et 12,32 ± 4,07 g respectivement). En revanche, aucun syndrome de domestication n’a été observé pour le temps moyen de germination (34 ± 4,7 jours pour les sauvages contre 37 ± 6,5 jours pour les cultivés) ; quantité moyenne en huile (67,10 ± 11,80 % chez les cultivés contre 64,30 ± 11,30 % chez les sauvages), la composition en acides gras et en vitamine E similaire entre individus, ainsi que la phénologie qui montre un synchronisme des phénophases entre individus d’un même site. Ces résultats confirment l’existence d’un processus de domestication partiel chez D. edulis et soulignent l’importance de poursuivre les recherches sur les mécanismes génétiques et écologiques impliqués. En associant également les savoirs locaux au développement de programmes de sélection participative, il devient possible de renforcer les systèmes alimentaires africains face aux défis mondiaux actuels.

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Import, S. (2025). Syndrome de domestication chez Dacryodes edulis (G.Don) H.J.Lam (Burseraceae) : analyse comparée des populations sauvages et cultivées, perspectives pour la gestion durable de ces ressources dans le Bassin du Congo.

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