Gouvernance de la lutte contre Ebola en République de Guinée et production de citoyenneté
Résumé
Cette thèse analyse les réactions et mobilisations communautaires face à Ebola et aux technologies de sa gestion en République de Guinée entre décembre 2013 et juin 2016. Elle part du constat selon lequel, malgré la pluralité des acteurs engagés, des technologies mobilisées et des investissements multiformes, il y a eu une amplification des manifestations violentes et des attitudes de résistance communautaire avec comme corolaire une augmentation des cas d’infection et de décès. Afin d’éclairer la compréhension de ces réactions et mobilisations que nous appréhendons à partir du concept d’engagement citoyen, nous mobilisons une approche d’anthropologie symétrique (Lavigne Delville, 2011 ; Latour, 1991) afin d’interroger autant les contextes historiques, sociopolitiques et ethnico-culturels de la Guinée mais également les modes de gouvernance de l’épidémie en République de Guinée. Prolongeant notre réflexion dans un contexte post-épidémique ou certaines initiatives d’essais vaccinaux contre Ébola ont eu lieu, cette thèse cherche aussi à savoir dans quelle mesure les constructions et dynamiques de citoyenneté pendant l’épidémie ont pu influencer les modes de gouvernance l’action publique en République de Guinée à travers l’exemple de l’essai vaccinal PREVAC. Cette thèse s’inscrit dans le cadre théorique de l’anthropologie des politiques publiques de santé et de gestion des épidémies. Plus spécifiquement, nous empruntons le modèle dissonant de l’analyse des politiques publiques de Eboko (2005) qui s’inspire de la tradition de l’approche séquentielle de Jones (1970) afin de réaliser une analyse de la gouvernance de la lutte contre Ebola en Guinée, considérée comme une forme d’action publique (Fred Eboko, 2015).
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