Influences et mutations du caractère étrange et imaginaire dans la littérature de jeunesse en Algérie
Résumé
Depuis la fameuse baignade de Rhodope qui lui fit perdre sa pantoufle, depuis les conseils du sage Lokman à son fils, et aussi loin que le permet notre histoire écrite à remonter le temps, à repousser la préhistoire et à éclairer des brins de vies éteintes et oubliées, l’art de raconter, façonné par la seule espèce qui sache en faire usage, semble immuable, flottant au-dessus du progrès et de la décadence des peuples. Intemporel, il renvoie à un état d’art originel. Conte merveilleux et fable animalière attestent d’une faculté inhérente à l’homme, devançant la muse, chuchotant la sagesse et le bon sens à celui qui aime bien l’entendre. Souvent reléguée au rang de littérature pour enfant, la littérature de jeunesse semble reprendre aujourd’hui ses lettres de noblesse, tant par l’engouement que lui voue le secteur de l’édition que celui accordé par la culture médiatique. Des histoires, racontées d’abord oralement sous forme de conte, sont ensuite couchées sur papier pour finir en adaptation cinématographique et en divertissement interactif. Cette flexibilité ramène la littérature jeunesse vers de nouvelles configurations composées d’éléments originaux et d’autres, apparaissant au gré des modes de recompositions des auteurs. Cette valse, entre anciennes et nouvelles versions, nous pousse à nous interroger sur les processus qui animent ce phénomène de narration. Nous nous intéresserons, essentiellement, dans ce travail, aux motifs littéraires qui permettent la création de fictions jeunesse, pour démontrer que ces éléments-là forment des briques essentielles, volatiles, se transférant, de genre en genre, et s’incrustant, légèrement altérées, dans des récits visiblement éloignés les uns des autres.
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