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Dynamique de la transmission résiduelle du paludisme et impact sur la lutte anti-vectorielle à Bangui, République Centrafricaine

Thèse 2021 Français

Résumé

Au cours des dernières décennies, l'intensification des interventions contre les vecteurs du paludisme a permis de réduire considérablement la morbidité et la mortalité liées au paludisme en Afrique. Cependant, l'élimination du paludisme a rarement été atteinte, et ces dernières années, une réduction de l'efficacité de ces mesures et une recrudescence des cas de paludisme ont été remarquées. Ces observations mettent en évidence les limites et/ou les échecs des mesures de lutte anti-vectorielle, telles que les moustiquaires imprégnées d'insecticide à longue durée d’action et la pulvérisation d’insecticides à effet rémanent à l'intérieur des habitations, entrainant un rebond de la population de vecteurs et de la transmission du paludisme. Ce rebond a été associé à l'émergence d'une résistance physiologique aux insecticides et à un changement dans certains traits comportementaux au sein de ces populations de vecteurs, qui peuvent contribuer à maintenir la transmission du paludisme dite résiduelle, qui persiste même lorsque la lutte anti-vectorielle est utilisée efficacement, et posent un défi au contrôle du paludisme dans de nombreuses régions africaines. Dans cette étude, nous avons analysé les rythmes de piqûre des principaux vecteurs du paludisme à Bangui, en République Centrafricaine (RCA). Malgré la mise en place massive de moustiquaires imprégnées d'insecticide, le paludisme demeure un problème majeur en RCA et constitue la principale cause de décès chez les enfants. Nous avons utilisé un plan d'échantillonnage innovant (collectes non-stop pendant 48 heures tout au long de l'année) et une nouvelle approche statistique circulaire pour comprendre le comportement trophique des principaux vecteurs du paludisme à Bangui. Nos résultats ont révélé une proportion inattendue et importante de piqûres diurnes à l'intérieur des habitations par les principaux vecteurs du paludisme : Anopheles gambiae, Anopheles coluzzii et Anopheles funestus. Les piqûres à l'intérieur des habitations pendant la journée sont négligées dans les programmes de contrôle du paludisme, alors qu’elles peuvent affecter de manière significative les mesures de contrôle des vecteurs. Ensuite, nous avons étudié les facteurs génétiques impliqués dans le comportement des vecteurs à l'échelle locale. À cette fin, nous avons évalué le rôle de l'inversion chromosomique 2La chez An. gambiae et An. coluzzii, les principaux vecteurs du paludisme en Afrique. Notre analyse a montré que la fréquence de l’inversion 2La n’affecte pas les changements de comportement de ces vecteurs à l'échelle locale, bien qu'elle se sépare différemment chez les deux vecteurs. Les études futures devraient se concentrer sur la façon dont la structure de la population façonne la fréquence de l'inversion 2La chez ces anophèles à Bangui. En conclusion, notre étude souligne la complexité du système vectoriel du paludisme avec l'implication de différents vecteurs et comportements trophiques. Elle représente également un changement majeur dans l'épidémiologie du paludisme car elle implique la nécessité de reconsidérer les méthodes d'échantillonnage et de modélisation épidémiologique. En plus, les causes génétiques des changements comportementaux observés doivent être étudiées de manière approfondie afin de proposer de nouvelles mesures de lutte antivectorielle pour éliminer le paludisme à Bangui.

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Sangbakembi-Ngounou, C. (2021). Dynamique de la transmission résiduelle du paludisme et impact sur la lutte anti-vectorielle à Bangui, République Centrafricaine.

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