L’effectivité de la liberté : Hegel et la dialectique de l’intérieur et de l’extérieur
Résumé
Le point final de notre Mémoire de Master, dont le sujet démontrait que la capacité qu’à un peuple de saisir l’esprit, essence de la liberté effective, est fonction de son niveau de connaissance, laissait intentionnellement en suspend une problématique connexe fort controversée, dont le traitement fut l’objet de nos recherches doctorales. Cette problématique est liée à la liberté, telle qu’elle définit par Hegel. Autrement dit, qu’est-ce que la liberté, dans l’entendement hégélien, pour que son appropriation fasse de son auteur un être rationnel ? Telle est la question qui a présidé à la formulation ci-après de notre sujet de Thèse : « L’effectivité de la liberté : Hegel et la dialectique de l’intérieur et de l’extérieur ». Dans un contexte mondial ou la liberté s’entend prioritairement selon les catégories de la science et de la technique, interroger le concept de liberté n’est guère anodin, encore moins fortuit, surtout quand cette déclinaison conceptuelle moderne, considérée dans sa réalité pratique, s’illustre presqu’en excluant l’essence rationnelle de l’homme. L’avantage d’interroger à neuf ce concept avec Hegel, se perçoit dans la dynamique spéculative que celui-ci insuffle à la chose, à savoir qu’elle est, ontologiquement, une universalité qui se particularise ; la liberté est la détermination la plus haute de l’esprit qui, dans sa déclinaison, veut être à l’extérieur ce qu’il est à l’intérieur. Définit de la sorte, Hegel salue l’entente philosophico-traditionnelle de la liberté, qui en son essence, est intériorité pure, idéalité exclusive, mais la dépasse en la faisant se concevoir comme une idée qui se matérialise. C’est seulement au prix de cette dialectique entre intérieur et extérieur que la liberté se pose comme une effectivité. L’objectif principal de ce travail, au regard de ce qui précède, est de faire reposer la liberté sur une entente dialectique entre idée et matière, de sorte à ne pas la réduire à cette dernière – comme l’illustre le monde moderne - au risque de la finitiser. S’appuyant sur les méthodes historique, dialectique et déductive, notre travail est parvenu aux résultats suivants : la vraie liberté, celle qui infinise l’homme, c’est-à-dire l’ennoblit en l’élevant au-dessus des choses immédiates, est spirituelle. Entendons par liberté spirituelle, non pas une liberté métaphysique absolument opposée aux réalités matérielles, mais celle qui, en prenant compte les dites réalités, les subordonnent aux valeurs éthiques et morales. En d’autres termes, c’est une liberté qui sait s’accommoder aux choses matérielles sans s’y perdre, et sans leur donner la préséance sur l’esprit. Cette entente dialectique de la liberté, d’obédience hégélienne, dévoile cet autre résultat : celui qui permet de montrer la complémentarité cognitive de deux écoles de pensée et de deux conceptions de la liberté qui n’ont de cesse de s’exclure : les rationalistes et les empiristes, les partisans des droits libertés et ceux des droits sociaux, les défenseurs de la République et ceux de la société civile
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