Dynamique motivationnelle et apprentissage du français littéraire au sein des filières scientifiques et techniques apport du technolecte mathématique et de la classe inversée
Résumé
Cette thèse s’inscrit dans une démarche de recherche-action menée auprès d’élèves des filières scientifiques et techniques dans un lycée marocain. Elle interroge un paradoxe souvent négligé : ces élèves, ayant une appétence marquée pour les matières scientifiques, notamment les mathématiques, manifestent une démotivation significative en cours de français, en particulier lorsque celui-ci est enseigné à travers les oeuvres littéraires. En croisant les apports de la psychologie de la motivation, de la didactique du FLE et de l’ingénierie pédagogique, nous avons mené une série d’études successives durant deux années scolaires (2023-2024 et 2024-2025), combinant phases empiriques, conception, expérimentation et évaluation de notre dispositif, afin de cerner les déterminants de cette démotivation (perception de la valeur, de la compétence et du contrôle) et de concevoir une réponse pédagogique contextualisée. La partie expérimentale de notre recherche propose un dispositif articulant classe inversée et technolecte mathématique, mobilisé pour expliquer les figures de style littéraires. Ce dispositif a été expérimenté tout au long de la deuxième année scolaire ; bien que nous ayons présenté un seul scénario pédagogique à titre d’illustration (celui portant sur les figures de l’opposition), les résultats rapportés concernent l’ensemble des scénarios mis en oeuvre durant cette phase. En s’appuyant sur les préférences cognitives des élèves et sur leur domaine de spécialisation, ce dispositif vise à transférer la motivation ressentie en mathématiques vers le français, tout en assurant un apprentissage effectif des contenus prescrits. Les résultats quantitatifs et qualitatifs recueillis à travers une enquête mixte et une épreuve sommative appliquée révèlent une amélioration observée de la motivation, de l’intérêt et des performances en apprentissage effectif, validant ainsi l’adéquation et la capacité opératoire du modèle proposé tout en minimisant les disparités temporelles. Ce travail défend l’idée que l’innovation didactique ne doit pas se limiter aux outils numériques ni aux injonctions institutionnelles, mais s’ancrer dans une lecture fine des besoins des apprenants. Il plaide pour une autonomie raisonnée des enseignants dans l’adaptation des contenus, et pour une redéfinition du français littéraire, non comme une fin en soi, mais comme un vecteur de sens et de plaisir, y compris pour des publics non littéraires.
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