Étude épidémiologique, écologique et moléculaire du monkeypoxvirus en Côte d’Ivoire
Résumé
JUSTIFICATION : Monkeypoxvirus ou virus de la variole du singe est un Orthopoxvirus de la famille des Poxvirus, responsable d’éruption fébrile identique à celle de la variole à un degré moins sevère . Son réservoir potentiel serait Funisciurus anerythrus et la transmission à l’homme se fait généralement par contact avec le réservoir . Il s’agit d’une zoonose qui émerge chez l’homme depuis l’arrêt de la vaccination contre la variole . Son évolution épidémiologique et clinique de ces dernières années en font une préoccupation mondiale. OBJECTIF : La présente étude avait pour but de confirmer la circulation des Orthopoxvirus en particulier le Monkeypoxvirus en Côte d’Ivoire . Il s’agissait spécifiquement d’identifier le virus à travers ses reservoirs potentiels, de déterminer la seroprévalence de l’infection à Orthopoxvirus afin d’avoir une idée de l’exposition de la population au virus et détermier sa place dans les lésions cutanées fébriles en Côte d’Ivoire . METHODOLOGIE : Cette étude a été réalisée entre 2013 et 2017 avec deux volets . Un volet animal où des captures de micromammifères ont été réalisées sur 9 sites répartis en trois zones dont la zone périurbaine, la zone périrurale et la zone des aires protégées. Les tissus de foie, de poumon et de rein des micromammifères capturés ont été prélevés et analysés par PCR classique et PCR en temps réel pour rechercher le virus . Un volet humain portant sur des biocollections de sérums et de flux oraux collectées lors de la surveillance nationale de fièvre jaune et de rougeole entre 2013 et 2017 et des prélèvements cutanées de lésions suspectes de Molluscum contagioum dans les services de Dermatologie du CHU de Yopougon et de Treichville. Les tests sérologiques ont concerné les sujets de moins de 30 ans afin d’éliminer toute immunisation par la vaccination contre la variole. Des anticorps IgG anti-Orthopoxvirus ont été recherchés par la méthode ELISA et les Poxvirus dont le Monkeypoxvirus ont été recherchés par PCR classique et PCR en temps réel. RESULTATS : Concernant le volet animal, pour 4930 nuit-piege, 256 micromammifères ont été capturés soit un rendement de 5,19% . Crocidura, de Rattus, de Lophuromys, de Praomys, de Mus et de Mastomys ont été les plus capturés. 0,19% d’échantillons étaient positifs pour la recherche d’Orthopoxvirus, aucun Monkeypoxvirrus n’a été retrouvé. Chez l’homme, sur un effectif de 255 chez des sujets de moins de 30 ans, la prévalence pour la recherche des anticorps IgG anti-Orthopoxvirus était de 4,93% avec des taux d’IgG variant entre 100 et 800. Dans la moitié sud de la Côte d’Ivoire se trouvaient 80% des sujets positifs. Chez les patients suspects de rougeole dont la recherche du virus de la rougeole et de la rubéole était négative et les patients suspects d’infection à Molluscum contagiosum virus, la recherche des Orthopoxvirus a été négative. La recherche de Molluscum contagiosum virus a été confirmée chez 100% des patients suspects de l’infection à Molluscum contagiosum. CONCLUSION : La circulation des Orthopoxvirus reste très faible en Côte d’Ivoire sans la confirmation de la présence de Monkeypoxvirus à travers notre étude. Cependant la présence d’Orthopoxvirus chez Crocidura, un micromammifère de l’environnement immédiat de l’homme nécessite la mise en place de mesures de surveillance de ce groupe de virus.
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