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Pratiques de dé/subjectivations et réécritures alternatives des corps, des premiers documentaires féministes états-uniens (1971-1972) aux premiers films de Su Friedrich (1981-1996)

Thèse 2024 Français

Résumé

Ce travail de thèse en création-recherche intitulé : Pratiques de dé/subjectivations et réécritures alternatives des corps des premiers films féministes états-uniens (1971) aux premiers films de Su Friedrich (1981-1996), propose d’étudier les premières œuvres de la cinéaste germano-américaine Su Friedrich qui a développé, à partir des années 1980, une œuvre hybride oscillant entre cinéma expérimental, cinéma narratif à l’appui de problématiques féministes. Nous explorerons dans son œuvre autobiographique les films qui traitent de la construction de l’individu à travers les normes genrées et sexuées. Ces thématiques sont particulièrement présentes dans ses premiers films, Gently Down the Stream (1980), Sink or Swim (1990), First Comes Love (1991), Rules of the World (1993) et Hide and Seek (1997). Ces seront mis en regard aux films pionniers du documentaire et de l’art féministe états-uniens que sont "Womanhouse" de Johanna Demetrakas, (1970) et "The Woman’s Film" du Newsreel Collective, (1971). Dans ce corpus, nous souhaitons interroger la façon dont ces cinéastes à partir des années 1970, ont développé une écriture filmique de réécriture du corps qui peut être comprise comme une pratique de (dé/re)subjectivation de soi. Penser le Sujet contemporain à l’aune des pratiques filmiques de (dé/re)subjectivation suppose d’interroger les processus de construction, de création, de transformation et de réappropriation de soi par l’art filmique. Les différents films de notre corpus s’inscrivent dans la période embryonnaire des années 1970-1990 qui a informé la pensée actuelle de décloisonnement, ce que l’on nomme à présent les queer studies et les cultural studies et par laquelle le Sujet n’est plus vu comme un être unifié, mais construit à partir d’une multiplicité. Les œuvres de Su Friedrich semblent en ce sens travailler des dispositifs filmiques qui développent une pluralité du Sujet à travers des récits où se superposent un « je » aux identités multiples. Pourtant, chez Su Friedrich, le récit de soi ne se fait pas de façon directe, au contraire, la réalisatrice semble avancer de façon masquée, travaille des personnages indéterminés et évite une trop grande proximité avec le spectateur.trice. Dans cette mise à distance de soi, nous verrons comment la réalisatrice constitue un Sujet paradoxal tiraillé entre une volonté de singularité qui se manifeste à travers une émancipation à l’hétéronomativité et un désir de reconnaissance par le social qui nécessite une lisibilité de soi et donc une assimilation à la norme. Dans cette recherche, la singularité de l’œuvre de Su Friedrich sera alors montrée à travers la constitution de ce que nous nommons une écriture du dis/continu, terme qui révèle toute la tension qui existe dans la démarche de la réalisatrice.

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Cazaux, M. (2024). Pratiques de dé/subjectivations et réécritures alternatives des corps, des premiers documentaires féministes états-uniens (1971-1972) aux premiers films de Su Friedrich (1981-1996).

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