Accès ouvert

Etude des activités biologiques et de la composition chimique des huiles essentielles de trois plantes aromatiques d’Algérie : Pituranthos scoparius (Guezzah), Santolina africana (EL Djouada) et Cymbopogon schoenanthus (El Lemad) ».

Thèse 2019 Français

Résumé

Dans le but de valoriser les plantes médicinales algériennes, nous nous sommes intéressés dans cette thèse d’une part, à la caractérisation chimique par CPG (Ir), CPG-SM et RMN du 13C des huiles essentielles obtenues à partir de trois plantes, à savoir, Pituranthos scoparius, Santolina africana et Cymbopogon schoenanthus, poussant spontanément en Algérie, et d’autre part, à la détermination des activités biologiques de ces huiles essentielles. La première partie concerne la caractérisation chimique des huiles essentielles des trois plantes étudiées en exploitant la complémentarité des techniques analytiques (CPG(Ir), CPG-SM et RMN 13C). Les échantillons (93) de P. scoparius prélevée dans cinq stations différentes de l’Algérie : Ghardaïa, Biskra, Batna (Fesdis-Bouilef et Djerma) et Béchar, ont montré des teneurs en huile essentielle d’une grande variabilité, allant de 0,16 à 0,99%. L’analyse détaillée des huiles essentielles des parties aériennes de P. scoparius, a permis d’identifier 62 composés. La composition de ces huiles essentielles présente une grande variabilité chimique, caractérisée par une forte proportion de monoterpènes hydrocarbonés (sabinène, limonène, α-pinène) et/ou de phénylpropanoïdes (6-méthoxy élémicine, myristicine et apiole dill). Les analyses statistiques des compositions, ont permis de mettre en évidence une variabilité chimique. Ainsi, les échantillons se répartissent en trois groupes principaux, qui ont été distingués sur la base des teneurs en 6-méthoxy élémicine (0,0-59,6%), sabinène (0,8-55,6%), limonène (0,3-44,0%), α-pinène (0,7-31,0%), myristicine (0,0-32,4%), élémicine (0,0-29,1%) et apiole dill (0,0-31,4%). En parallèle, le groupe III est subdivisé en deux sous-groupes (IIIA et IIIB). Le premier groupe apparaît original et caractérisé par une teneur élevée en élemicine 6-méthoxy (jusqu'à 59,6%) et n'a jamais été rapporté dans la littérature. Les échantillons (18) de S. africana, ont été récoltés dans trois stations de la région de Batna (Algérie) : Fesdis (Fesdis et Bouilef), Oued Chaaba (Hamla). Les rendements en huiles essentielles sont très faibles, variant considérablement d'un échantillon à l'autre, allant de 0,03 à 0,17%. L’analyse détaillée des huiles essentielles des parties aériennes de S. africana, a permis d’identifier 91 composés. La majorité des échantillons sont caractérisés par de fortes proportions en monoterpènes (51,5-69,7%). La composition de l’huile essentielle de S. africana est généralement homogène. Cependant, nous remarquons une variabilité chimique quantitative particulièrement pour les composés suivants : germacrène D, myrcène, spathulénol, α-bisabolol, β-pinène, 1,8-cinéole, cis-chrysanthénol, capillène, santolina alcool, camphre, terpinéol-4 et lyratol. Quatre composés minoritaires qui présentent une structure avec un motif di-alcyne sont également identifiés. L’étude statistique montre une variabilité chimique faible. Les échantillons (30) de C. schoenanthus, récoltés dans deux régions du Sahara de l’Algérie, Ghardaïa et Béchar, a montré des rendements en huile essentielle homogènes avec des moyennes comprises entre 0,6 et 0,9%. L’analyse des huiles essentielles a conduit à l’identification de 55 composés. Il s’agit en large majorité de composés monoterpéniques oxygénés avec un squelette menthane, avec le trans-p-menth-2-ène-1-ol (10,5-31,7%) et le cis-p-menth-2-ène-1-ol (7,2-19,8%) comme composés majoritaires, suivis de 2-carène (2,1-17,0%) et un alcool sesquiterpénique, à savoir l’élémol (1,9-20,7%). Deux autres dérivés p-menthaniques, trans-pipéritol (4,6-11,7%) et cis-pipéritol (3,2-9,0%) sont également identifiés en quantités assez importantes. L’analyse statistique met en évidence une variabilité chimique quantitative particulièrement pour les composés majoritaires : trans-p-menth-2-ène-1-ol (10,5-31,7%), cis-p-menth-2-ène-1-ol (7,2-20,2%), β-élémol (0,5-20,7%), 2-carène (1,0-17,0%) et suggère l'existence de deux groupes principaux : I et II (qui est subdivisé en deux sous-groupes IIA et IIB) et deux compositions atypiques. La deuxième partie a été consacrée à l’étude des activités biologiques. Les huiles essentielles des parties aériennes de P. scoparius, agissent de façon active contre Staphylococcus aureus, les deux souches de Candida albicans, et contre Aspergillus fumigatus, avec des diamètres de zone d’inhibition allant de 12 à 27 mm, et des CMIs comprises entre 2 et 4 µl/ml. Les huiles essentielles de S. africana, ont montré une bonne activité vis-à-vis des souches microbiennes S. aureus et A. fumigatus, avec des zones d'inhibition de 19,7 mm et 17,5 mm, respectivement. Les huiles essentielles de C. schoenanthus, ont montré la meilleure activité contre S. aureus, C. albicans, A. flavus et Fusarium oxysporum, avec des zones d’inhibition comprises entre 15,5 et 31,0 mm et avec des CMIs allant de 0,5 à 2 µl/ml. Parallèlement, la capacité de l’huile essentielle de S. africana à inhiber la lipoxygénase de soja a été évaluée qu’indication d’une potentielle activité anti-inflammatoire. Les résultats obtenus ont montré une bonne activité, avec une CI50 de l’ordre de 0,065 ± 0,004 mg/ml, 5 fois supérieure à celle du NDGA (0,013 ± 0,003 mg/ml). Enfin, l’activité antioxydante des huiles essentielles des trois plantes étudiées a été évaluée par la méthode du piégeage du radical libre DPPH en utilisant deux solvants différents (méthanol et éthanol). Les résultats obtenus ont révélé une faible activité antioxydante pour l’ensemble des huiles essentielles testées par comparaison aux composés de référence. Cependant, l’huile essentielle de S. africana s’est montrée la plus active et les CI50 sont nettement plus faibles en présence de l’éthanol.

Citer ce document

Malti, C. (2019). Etude des activités biologiques et de la composition chimique des huiles essentielles de trois plantes aromatiques d’Algérie : Pituranthos scoparius (Guezzah), Santolina africana (EL Djouada) et Cymbopogon schoenanthus (El Lemad) »..

Accès au document

Voir sur le dépôt source

Ce document est hébergé sur son dépôt institutionnel d'origine.

Statistiques

Consultations : 3

Téléchargements : 0