MOBILITÉS PASTORALES ET CONSTRUCTION DES TERRITOIRES D’ÉLEVAGE BOVIN DANS LA PLAINE DU DIAMARE (EXTRÊME-NORD CAMEROUN)
Résumé
Ce travail porte sur la dynamique des territoires d’élevage bovin observée à l’Extrême-Nord Cameroun. Dans cette région, le rétrécissement des aires de pâtures a été constaté, et les éleveurs fulbé et arabes showa se plaignent de cette situation. Car les agriculteurs et les migrants Toupouri (surtout), envahissent les espaces de pâturages destinés aux transhumants. Ainsi, l’objectif de ce travail est de mettre en relation les déplacements des pasteurs et l’évolution de leurs territoires d’élevage bovin et de discuter des stratégies concertées pour la survie de la mobilité pastorale. Cette dynamique pastorale constatée se fait dans un contexte de migrations, de l’avancée des parcelles agricoles et de la croissance démographique. Deux unités spatiales ont constitué les échantillons des territoires : de Gagadjé (Mindif) et de Kolara (Moulvoudaye) situés dans la plaine du Diamaré. Cette dernière est en grande partie occupée par les éleveurs fulbé et arabes shuwa. Trois échelles d’analyse sont prises en compte : le campement des éleveurs mobiles, «la petite région» où coexistent territoires d’agriculteurs et d’éleveurs, la région où s’organisent les transhumances. Cette étude s’appuie sur la cartographie des territoires à ces différentes échelles, l’enquête semi-directive et le suivi d’un échantillon des transhumants. Le suivi a concerné les éleveurs ayant un troupeau compris entre 40 et 65 têtes, les agro-éleveurs, les bergers étrangers et locaux, les agriculteurs et les migrants. Pour valider les hypothèses de ce travail, les théories de la mobilité, de tragédie des biens communs, des conflits, du passager clandestin et du développement territorial ont été convoquées. Les résultats montrent que la présence régulière (saisons sèche et pluvieuse) des éleveurs peuls et arabes shuwa (dans cette plaine d’étude) et les ressources pastorales disponibles (point d’eau, végétation, résidus de récoltes), attirent les agriculteurs et encouragent les migrations internes non contrôlées (en quête d’espace de culture). Aussi, la pression démographique et les difficultés, auxquelles font face les populations riveraines, poussent ces agriculteurs à mettre en culture les aires traditionnelles réservées aux pâturages (au détriment à la grande colère des éleveurs mobiles). On assiste donc à une réduction importante des ressources pastorales ou de la restriction des aires de pâtures et surtout l’augmentation «démesurée» des superficies agricoles. Des solutions durables sont à envisager par les décideurs pour une coexistence pacifique à long terme entre les principaux acteurs de la transhumance et les autres groupes d’intérêt.
Citer ce document
Accès au document
Voir sur le dépôt sourceCe document est hébergé sur son dépôt institutionnel d'origine.
Auteur(s)
Statistiques
Consultations : 3
Téléchargements : 0