Gouvernance et réforme de l’Etat : cas de la réforme administrative et la réforme du secteur de la sécurité en Côte d’Ivoire
Résumé
Ce travail aborde deux déclinaisons de la gouvernance d’Etat à partir de l’analyse des politiques de réforme de l’Etat en Côte d’Ivoire. D’une part, il ressort que la politique de réforme de l’Etat est un processus de transformation institutionnelle. Elle a pour but d’améliorer la gouvernance d’Etat en tant que processus participatif et inclusif de gestion des affaires publiques. Pourtant, mis en place après l’indépendance, le système administratif et sécuritaire ivoirien souffre d’une triple pesanteur : les contraintes historiques liées à la colonisation et aux données sociologiques d’abord, les faiblesses structurelles internes ensuite et le poids du politique et les crises économico-politico-militaires enfin. Dans cette logique, pour améliorer la gouvernance de ce pays, la réforme de l’Etat s’est présentée comme une nécessité dans les secteurs de l’administration et de la sécurité. D’autre part, après une longue période d’improvisation, les autorités politiques ivoiriennes ont entrepris depuis quelques années, de s’engager dans une dynamique de réforme de l’Etat orientée vers les principes de « bonne gouvernance » et de gouvernance démocratique. Dans l’ensemble, les politiques de réforme en Côte d’Ivoire contribuent à améliorer la gouvernance d’Etat. La mise en œuvre des politiques de réforme administrative et de réforme du secteur de la sécurité à travers la mise en place de cadres stratégiques, institutionnels et législatifs et la volonté politique manifestée ont permis d’améliorer l’efficacité et la performance de l’administration publique mais, également de renforcer le sentiment de sécurité des citoyens, le respect de l’Etat de droit. Cependant, les centres des décisions desdites politiques publiques se situant au plus haut niveau de l’Etat, la prédominance des acteurs étatiques sur les acteurs non étatiques, les revendications persistantes des syndicats dans le secteur public en dépit des efforts du gouvernement et les mouvements d’humeur des forces de sécurité et de défense en dehors des cadres réglementaires, militent en faveur d’une relative insuffisance de l’implication de tous les acteurs au processus de prise de décisions conduisant parfois à des résistances au changement.
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