Polymorphisme des gènes Chloroquine Resistance Transporter (crt), dihydrofolate reductase (dhfr) et Kelch13 propeller (K13 propeller) de Plasmodium falciparum dans la salive et les urines chez le sujet atteint de paludisme
Résumé
Le paludisme est une parasitose transmise à l’homme par un protozoaire appartenant au genre Plasmodium. Sa prise en charge implique un diagnostic précoce et le traitement rapide au moyen d'antipaludiques efficaces. Cependant, en Côte d'Ivoire comme dans d'autres pays, la prise en charge de la maladie se heurte à la résistance à la plupart des antipaludiques. La surveillance de la résistance aux antipaludiques ainsi que le diagnostic du paludisme nécessitent un prélèvement de sang. La prise de sang, avec son exigence de personnel qualifié et le risque biologique lié à l'inévitable utilisation des aiguilles, peut entraîner une mauvaise observance lorsqu'une répétition du test biologique est nécessaire. Pour couvrir les besoins de diagnostic ou de surveillance de résistance aux antipaludiques, une méthode de prélèvement non invasive qui peut se substituer à la collecte d'échantillons de sang est nécessaire. Cette thèse a évalué les performances de la salive et l'urine pour la détection des marqueurs moléculaires de résistance de Plasmodium falciparum aux antipaludiques par une approche d'étude du polymorphisme de ces marqueurs. L'évaluation de la performance de la salive et l'urine pour la détection des marqueurs moléculaires de résistance aux antipaludiques a été faite en comparant les taux d'amplification de l'ADN génomique de P. falciparum extrait à partir des urines, la salive et le sang et les taux de détectabilité des gènes pfcrt, pfdhfr et pfK13 propeller dans ces produits biologiques. L'analyse a permis d'identifier la salive comme meilleure alternative au sang pour l'étude des marqueurs moléculaires de résistance aux antipaludiques. L'étude du polymorphisme des marqueurs moléculaires de résistance aux antipaludiques a montré que les prévalences des génotypes conférant la résistance à la pyréméthamine (P), à la chloroquine (CQ) et aux dérivés d'artémisinine en 2015 ont atteint des niveaux comparables dans les isolats issus des trois produits biologiques (sang, urine et salive). La prévalence des allèles associés à la chimiorésistance de la chloroquine représentés par la mutation Thr-76 du gène pfcrt a baissé tandis que celle des allèles associés à la chimiorésistance de la pyriméthamine représentés par la mutation Asn-108 du gène pfdhfr-ts a augmenté à Anonkoua-Kouté, Port-Bouët et Ayamé. Aucune mutation des allèles mutants du gène K13 propeller conférant la résistance aux dérivés d'artémisinine n'a été observée aussi bien dans les trois produits biologiques (salive, urine et sang) que sur l'ensemble des sites d'étude. L'étude a ainsi montré que les combinaisons thérapeutiques à base d'artémisinine utilisées pour le traitement de première ligne du paludisme en Côte d'Ivoire sont toujours efficaces.
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