Facteurs associés à l’acceptabilité sociale du vaccin antipaludique Mosquirix RTS,S chez les personnes en charges d’enfant de 6 à 24 mois dans le District de Santé de Soa.
Résumé
Contexte : "Le paludisme est certainement la plus répandue, en même temps la plus grave des maladies endémiques." Ce constat dressé en 1889 par le Docteur A. LAVERAN reste malheureusement d'actualité encore aujourd'hui, particulièrement chez les moins de cinq ans. Malgré l'espoir suscité par l'homologation du premier vaccin antipaludique (OMS, 2021) et son introduction au Cameroun en janvier 2024, l'acceptabilité sociale des vaccins reste limitée, notamment pour les vaccins récents et peu connus (Varlotaux et al., 2021).
Objectif : Cette recherche vise à étudier les facteurs associés à l'acceptabilité sociale du vaccin Mosquirix RTS,S/AS01 chez les personnes en charge d'enfants de 6 à 24 mois dans le District de Santé de Soa.
Méthode : Une approche mixte séquentielle exploratoire a été adoptée, combinant un volet qualitatif basé sur des entretiens semi-directifs auprès de 16 participants jusqu'à saturation empirique, et un volet quantitatif reposant sur une enquête auprès de 301 répondants, selon un échantillonnage en grappes à deux degrés de l’OMS (2015). Les données ont été analysées à l'aide des logiciels NVivo 15 et SPSS 25. Résultats : Le taux d'acceptabilité s'élève à 74,8 % (n=225/301), à prédominance féminine (83,1 %). L'analyse qualitative révèle quatre dynamiques d'acceptabilité : acceptation, refus, hésitation et abandon vaccinal, influencées par des facteurs individuels, socioculturels et systémiques. En analyse multivariée, deux déterminants indépendants et hautement significatifs émergent : l'encouragement de l'entourage à vacciner (AOR = 47,19 ; IC 95 % [18,60–119,72] ; p < 0,001) et la conviction normative que tout le monde devrait être vacciné (AOR = 15,72 ; IC 95 % [6,15–40,20] ; p < 0,001). Les variables sociodémographiques classiques ne sont pas significativement associées à l'acceptabilité.
Conclusion : L'acceptabilité du vaccin Mosquirix dans le district de Soa est globalement favorable mais tributaire des normes sociales pro-vaccinales collectives. Des stratégies de mobilisation communautaire impliquant les leaders d'opinion et les pairs sont indispensables pour consolider et pérenniser cette adhésion.
Mots-clés
Mots clés : Acceptabilité sociale, Vaccin, Paludisme, Cameroun, District de santé de Soa, personnes en charge d'enfants de 6 à 24 mois.