Le parc public au Japon : une forme paysagère hybride -Les apports de l’école française de paysage
Résumé
En 1868, l’ouverture du pays avec la révolution de Meiji fut un moment de grand bouleversement dans l’histoire de l’urbanisme et de l’art des jardins au Japon. Sous les influences occidentales, la composition urbaine et le modèle du jardin japonais se diversifièrent et cette évolution fut renforcée et accélérée par une composante urbaine nouvelle, introduite de l’extérieur, le « parc public ».Deux écoles du paysage jouèrent un rôle pionnier dans ce courant : l’école de Honda Seiroku établie à l’université impériale de Tokyo, et celle de Fukuba Hayato basée dans un jardin impérial, Shinjuku Gyoen. Les deux fondateurs n’avaient pas exactement la même philosophie sur le paysage : celle du premier était fondée sur la sylviculture et l’aménagement du territoire inspirée des théories développées en Allemagne et celle du second s’appuyait sur l’horticulture et l’art des jardins inspirés de la France ; le traité d’Edouard André, Traité général de la composition des parcs et jardins, publié en 1879, en particulier, joua un rôle important.Dans cette thèse, nous nous sommes attachée à démontrer méthodiquement cette hypothèse d’apparition d’un nouveau type d’espace, le jardin public, à partir des réalisations principales de ces deux écoles, de l’ouverture du pays en 1868, jusqu’aux années 1930. En nous appuyant sur la méthode du « comparatisme », nous avons retracé les traditions de l’art des jardins au Japon et en France. Nous avons étudié les projets de parcs et jardins publics réalisés en France sous le Second Empire où s’épanouit l’école française du paysage (Parc des Buttes-Chaumont, Parc Montsouris, Square des Batignolles), et analysé les caractéristiques des parcs et jardins réalisés par les deux paysagistes pionniers et leurs disciples (Shinjuku Gyoen, Parc Hibiya, Parc Hamachô, Parc Narita-san). Nous nous sommes également penchée sur la formation des paysagistes et les supports de diffusion du savoir dans le monde horticole.Le travail que nous avons effectué a une dimension à la fois historique et pratique. Nous avons mis en œuvre les méthodes de l’historien pour le travail en archives et la recherche documentaire, du paysagiste pour les techniques de relevé ou la lecture de projet. En analysant ces parcs français et japonais, à travers plusieurs thèmes (allée, plantation, pièce d’eau, démarche de projet et composition spatiale), nous avons montré le rôle joué par l’école française de paysage sur le développement du parc public au Japon. Nous avons accordé à l’iconographie et aux analyses graphiques, souvent inédites, une place importante. Enfin, cette thèse apporte des éléments nouveaux sur les effets de l’ouverture du Japon, dans un domaine jusqu’alors peu exploré, l’art des jardins dans sa relation au parc public
Citer ce document
Accès au document
Voir sur le dépôt sourceCe document est hébergé sur son dépôt institutionnel d'origine.
Auteur(s)
Statistiques
Consultations : 3
Téléchargements : 0