Place et contribution de l’imagerie par résonance magnétique dans la prise en charge des adénomes hypophysaires chez l’adulte
Résumé
Problématique et objectifs : Les adénomes hypophysaires constituent un problème de santé publique bien qu’ils soient histologiquement bénins. L’objectif de ce travail est d’évaluer la contribution de l’imagerie par résonance magnétique (IRM) hypothalamo-hypophysaire dans le diagnostic positif et topographique des adénomes hypophysaires, d’en décrire les aspects selon leur sous types, et d’étudier les corrélations entre les caractéristiques d’imagerie, les données cliniques et biologiques ainsi que leur impact sur la prise en charge thérapeutique. Sujets et méthode : Notre étude est observationnelle, monocentrique, prospective sur une période de 2ans allant de 2019 à 2021, et rétrospective sur une période de 2ans : 2017 et 2018. Résultats et discussion : Nous avons colligé 237 adénomes hypophysaires (F=143, H= 94) dont 65% de macro-adénomes et 35% de micro-adénomes. Notre étude a permis de mettre en évidence : Une répartition différenciée selon l’âge et le sexe, avec une prédominance des micro-adénomes chez la femme et des macro-adénomes chez l’homme. Une forte corrélation entre la taille tumorale et la survenue de troubles visuels, notamment dans les cas d’extension suprasellaire et/ou latérosellaire. Des profils distincts de signal et de rehaussement à l’IRM entre adénomes sécrétants et non sécrétants, ainsi qu’entre les différents sous types tumoraux. La valeur ajoutée des séquences dynamiques, particulièrement dans la détection des micro-adénomes corticotropes. L’étude des extensions tumorales a montré une proportion non négligeable de formes supra ou latéro-sellaires. L’extension latéro-sellaire du sinus caverneux concernait principalement les adénomes somatotropes (31,1%), non sécrétants (33,3%) et, dans une moindre mesure, les prolactinomes (15,6%), tandis qu’elle était absente dans les autres sous types. Toutefois, les formes de grade 4, traduisant un envahissement complet du sinus caverneux contre-indiquant tout acte chirurgical demeurait rares. Conclusion : Nos résultats confirment la place déterminante de l’IRM dans l’évaluation des adénomes hypophysaires. Elle constitue la pierre angulaire du diagnostic et du bilan préthérapeutique, permettant de sélectionner les patients éligibles à la chirurgie et d’identifier les formes inopérables, tout en soulignant l’importance d’une approche multidisciplinaire orientant la prise en charge thérapeutique et optimisant le pronostic fonctionnel et visuel des patients.
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