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IMPACTS DU REBOISEMENT SUR LES PARAMÈTRES CLIMATIQUES : CAS DE LA GRANDE MURAILLE VERTE DU SENEGAL

Thèse 2025 Français

Résumé

Le contexte environnemental du Sahel aux cours des années 70, 80 et 90 a été marqué par des épisodes de sécheresse. Ces périodes de sécheresses sévères ont profondément affecté la population ainsi que les économies et les écosystèmes de cette région. Au regard de ce désastre, l'Union Africaine a lancé en 2007 un programme panafricain, l'Initiative de la Grande Muraille Verte pour le Sahara et le Sahel (IGMVSS), pour inverser le processus de la dégradation des terres et de la désertification. Ce programme vise à ériger un mur d'arbres s'étendant de Dakar à Djibouti. Depuis 2006, des campagnes de reboisement continues ont été menées dans le domaine soudano-sahélien du Sénégal et dans d’autres pays de la Grande Muraille Verte (GMV). Quinze ans après le début des campagnes de reboisement conduites dans les régions soudano-sahéliennes du Sénégal, nous avons jugé important de faire le point à travers cette thèse. L’objectif général de notre étude est de contribuer à une meilleure compréhension de l’impact du reboisement sur les paramètres climatiques dans le cas de la Grande Muraille Verte du Sénégal après plus de quinze (15) années d'effort de reboisement. Plusieurs approches statistiques (calculs d’anomalies, détection de ruptures par les tests de Pettitt, de Buishand et le test bayésien BEAST, transformée en Ondelettes) ont permis de mettre en évidence un changement de dynamique du climat localisé à la fin de la décennie 1990. Ensuite, l’analyse comparée de l’évolution des paramètres climatiques (précipitations CHIRPS, humidité du sol NOAA-CPC, évapotranspirations GLEAM) et des indices de végétation (NDVI, VHI de NOAA-CDR-AVHRR et NOAA-STAR) a été explorée sur les périodes 2000–2008 (avant reboisement) et 2009–2020 (après reboisement). Les analyses conduites montrent des hausses significatives de l’activité végétative (+2 à 8%), de précipitations (+2 à 8%), de l’humidité du sol (+25 à 54%) et de l’évapotranspiration réelle (+2 à 12%) après reboisement. En période sèche (octobre à juin), l’on note une forte activité de la végétation qui se traduit par une meilleure et significative évapotranspiration réelle comparée à la période avant reboisement. L’humidité du sol est de 50 mm supérieure à celle mesurée en saison sèche après le reboisement. L’analyse spatiotemporelle du NDVI met en évidence une évolution positive et significative du couvert végétal sur l’ensemble des sites reboisés et une régression de l’activité végétative sur les sites non reboisés. L’impact du reboisement sur le retour des précipitations s’observe 4 à 7 ans après le début du reboisement (localités reboisées) et 9 ans sur une plus grande région. La dynamique de l’occupation du sol montre que le reverdissement des différentes localités observées au cours des décennies entre 2000 et 2020 est due à l’accroissement des superficies des savanes arborées et arbustives et les zones de cultures (entre +3 et 11,5%). Cette dynamique a permis de séquestrer 5,8 millions de tonnes de carbone. À travers cette étude, il apparaît que le stockage de carbone devient significatif 8 à 10 ans après le début du reboisement. Enfin, les simulations réalisées avec le modèle RegCM, couplé avec les schémas de surfaces BATS1E et CLM4.5, montrent que le reboisement peut contribuer à augmenter les quantités de pluie, le nombre de jours de pluie sur les zones reboisées et pourrait avoir un impact sur des régions éloignées. Ces résultats de simulation confirment l’hypothèse selon laquelle le reboisement favorise la pluviométrie sur les sites reboisés et au-delà.

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Gore, B. (2025). IMPACTS DU REBOISEMENT SUR LES PARAMÈTRES CLIMATIQUES : CAS DE LA GRANDE MURAILLE VERTE DU SENEGAL.

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