Résistance métabolique et utilisation d'extraits de plantes contre l'aleurode Bemisia tabaci (Hemiptera: Aleyrodidae) au Burkina Faso
Résumé
Les pertes de rendement et de récolte dues aux attaques des insectes ravageurs pourraient être un obstacle à l’atteinte de la sécurité alimentaire. Pour faire face aux attaques d’insectes ravageurs, les insecticides ont été et sont largement utilisés conduisant à leurs résistances. Il est donc indispensable de rechercher une alternative à la lutte chimique qui, en plus d’être inefficace, constitue un réel problème de santé humaine et animale. Cette thèse vise à i) suivre l’évolution de la résistance d’origine phénotypique en 2015, 2016 et 2017 sur des adultes de Bemisia tabaci, ii) mettre en évidence la résistance d’origine métabolique au niveau de cinq populations de B. tabaci et iii) évaluer la toxicité de 23 extraits de plantes sur des adultes de Bemisia tabaci. Deux biotypes ont été identifiés appartenant tous à l’espèce méditerranéenne (MED-Q1 et MED-Q3). Les individus du MED-Q1 ont été résistants vis-à-vis de la deltaméthrine, l’acétamipride et du chlorpyriphos-ethyl par rapport aux MED-Q3, avec des CL50 les plus élevées durant la durée de l’étude. La résistance phénotypique sur les quatre populations testées en 2017 pourrait s’expliquer par une activité plus ou moins importante des enzymes de détoxification. Les activités des enzymes de détoxification, à savoir le α-estérase non spécifique, le Para Nitro Phenyl Acetate esterase (PNPA), l'oxydase (cytochrome P450) et les Glutathione S Transferases (GSTs) ont été mesurées sur des adultes de B. tabaci collecté à Tanghin, Boulbi, Loumbila et Tiébélé et comparées à la population UFR/SVT sensible de référence. Des variations de l’activité des enzymes de détoxification ont été observées au sein des populations de B. tabaci. Les taux élevés d'estérases non spécifiques et de GST suggèrent que des mécanismes multiples de résistance existent au sein des populations de B. tabaci. La recherche de nouveaux insecticides à base d’extraits de plantes répond à la nécessité de trouver une alternative aux insecticides de synthèse dans la lutte contre les ravageurs de culture comme B. tabaci. A l'exception du chlorpyriphos-ethyl, les deux biotypes se sont révélés être davantage plus sensibles aux extraits de plantes (huiles fixes et essentielles) qu'aux insecticides. En outre, les huiles essentielles ont montré une activité insecticide très intéressante. Les monoterpènes ont été les composés les plus abondants avec les teneurs les plus élevées. Les tests en milieu semi-contrôlé se sont révélés promoteurs. Nos résultats indiquent que les huiles essentielles, mais aussi les huiles fixes de graines, pourraient constituer une alternative dans la gestion de ce ravageur.
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