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REPARTITION SPATIO-TEMPORELLE DES PLUIES EXTREMES DANS LE DEPARTEMENT DE L’ATACORA AU BENIN : TRAJECTOIRE ET VULNERABILITE DES ETABLISSEMENTS HUMAINS

Thèse 2022 Français

Résumé

L’augmentation de la fréquence et de l’ampleur des extrêmes climatiques font partie des manifestations des changements climatiques en cours dans les régions du monde. La planification des actions d’adaptation suppose une bonne connaissance des effets de ces extrêmes sur les plans écologiques et socioéconomiques. La présente thèse se propose d’étudier la vulnérabilité des établissements humains à la dynamique spatio-temporelle des pluies extrêmes dans le département de l’Atacora. Les hauteurs de pluies journalières utilisées sont celles des stations de Natitingou, Boukoumbé, Kouandé, Kérou, Porga et Tanguiéta sur la période 1960-2015. A cela, s’ajoutent les informations relatives aux connaissances communautaires. Le traitement de ces données a été fait avec le logiciel KhronoStat 1.01 et les tests de corrélation sur rang de Spearman et de Kendall réalisés grâce au logiciel IBM SPSS Statistics 21 pour caractériser la dynamique spatio-temporelle des pluies extrêmes dans le département de l’Atacora au Bénin. Les méthodes d’analyse fréquentielle font appel à diverses techniques statistiques et constituent une filière complexe qu’il convient de traiter avec beaucoup de rigueur. Les scénarii RCP 4.5 et 8.5 ont été utilisées pour apprécier l’évolution des pluies extrêmes à l’horizon 2050. La méthode d’analyse de la vulnérabilité des établissements humains a été conduite grâce à la matrice des risques climatiques. Les investigations socio-anthropologiques ont permis de déterminer les stratégies d’adaptation des populations pour accroître leur résilience aux effets néfastes des pluies extrêmes dans le département de l’Atacora au Bénin. Les pluies extrêmes sont caractérisées par une évolution contrastée entre les différentes stations du département de l’Atacora. L’étude comparée des données entre les sous-périodes 1960-1969, 1970-1990 et 1991-2015 montre globalement que la tendance pluviométrique est à la baisse de 08,42 % dans la deuxième sous-période (baisse par rapport à la première sous-période) et de 06,67 % dans la dernière sous-période (baisse par rapport à la première sous-période) qui annonce une reprise pluviométrique. La variabilité interannuelle des indices de précipitations intenses et extrêmes est respectivement caractérisée par les variables R95 et R99 sur la période d’analyse. La fréquence des précipitations intenses est de l’ordre de quatre (04) jours/an en moyenne au niveau de tous les postes pluviométriques tandis que celles des pluies extrêmes est de l’ordre de dix-huit (18) jours/an en moyenne. Le poids des pluies importantes (R95p, R99p) est de plus en plus important ces dernières décennies qu’auparavant. Les proportions sont respectivement de l’ordre de 60 % et 20 % en moyenne dans le secteur d’étude. Les établissements humains (habitations, voirie, champs et écoles) ciblés par les présents travaux de recherche sont très vulnérables dans le secteur d’étude. Les situations pluviométriques préjudiciables à la production agricole, à la voirie, aux écoles et aux habitations ont des impacts sur les populations. Elles entrainent une augmentation du stress hydrique au niveau des plantes et ont pour conséquences, une baisse des rendements des principales cultures (maïs, niébé, sorgho, mil, …). Ceci engendre d’énormes manques à gagner pour les paysans impliqués dans la production agricole. Face à ces situations, les populations ont développé des stratégies d’adaptation pour réduire leur vulnérabilité aux pluies extrêmes. Il s’agit, entre autres, de l’augmentation des emblavures (46 %), des cultures en billon (57 %), l’utilisation des variétés à cycle court pour le maïs (78 %), renforcement des murs des habitats et la canalisation de l’eau sur les voies. Pour renforcer ces stratégies d’adaptation, l’utilisation de Mucuna ou Aeschinomenae comme plantes de couverture, la culture des plantes tolérantes aux pluies extrêmes, la valorisation des bas-fonds et la diversification des sources de revenu sont proposées pour réduire la vulnérabilité des établissements humains aux pluies extrêmes.

Citer ce document

Kouton, G. (2022). REPARTITION SPATIO-TEMPORELLE DES PLUIES EXTREMES DANS LE DEPARTEMENT DE L’ATACORA AU BENIN : TRAJECTOIRE ET VULNERABILITE DES ETABLISSEMENTS HUMAINS.

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